Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
20 juin 2014 5 20 /06 /juin /2014 11:31
Wixàrika, partage d'une culture, mieux être de l'humanité

Une petite école en terre dans une zone montagneuse de l’Etat de Jalisco. C’est là qu’enseigne Francisco Benitez de La Cruz. Enseignant et chercheur, défenseur de son peuple Wixàrika. Que les colons espagnols ont appelés Huicholes. Quant au nom espagnol de Francisco il l’a acquis lorsqu’il est entré à l’école secondaire. Et son nom intime qui signifie Rayon de Soleil est celui de sa naissance.

Etre Wixarika, c’est avoir deux noms : celui de sa langue maternelle et celui qui est nécessaire pour suivre des études ou s’intégrer à la vie mexicaine d’aujourd’hui. Ce lien constant entre les deux mondes permet de partager la culture profonde d’un peuple menacé par le capitalisme et souvent marginalisé comme la plupart des communautés indigènes du monde.

Maestro Francisco invité à Lyon lors des Fêtes Consulaires pour animer un atelier d’artisanat Wixàrika pour la deuxième année, a été heureux de partager ses connaissances spécifiques avec un auditoire nombreux, de la communauté mexicaine et hispanophone et aussi d’étudiants en antropologie. L’association Palenque a favorisé cette rencontre à l’Atelier des Canulars, un lieu de discussions un peu différentes sur la marche du monde, dans un quartier de tradition libertaire.

Le territoire Wixarika occupe une zone centrale du Mexique portant sur plusieurs états : Jalisco, Nayarit, Zacatecas,et San Luis Potossi. Conformément aux lois sur les peuples indigènes cette région leur appartient. Pourtant elle est de plus en plus menacée et les accords gouvernementaux sont bafoués. En effet en 2000 cette zone sacrée pour les wixarikas est reconnue par l’UNESCO mais en 2007 les accords sont suspendus . La compagnie minière canadienne Majestic Silver, continue à exploiter le sous-sol sur le site de Real de Catorce avec tous les dégats environnementaux possibles : pollution de l’eau et du sol par les produits hautement toxiques cyanure et mercure utilisés pour le lavage du minerai ainsi que les fractures géologiques liées aux explosions de fouilles et d’extraction.

Francisco s’appuie sur des photos et l’on a facilité à imaginer les dégâts sur les populations.

Mais il insiste surtout sur les coutumes, vestimentaires d’abord : Le vêtement qu’il porte est celui des fêtes, très brodé et coloré sur fond de coton blanc. Mais il n’en a pas toujours été ainsi car le tissage de la laine de mouton principale ressource textile ne donnait jusqu’à une époque récente que deux couleurs le blanc et le noir. Aujourd’hui le vêtement de travail traditionnel, sobre mais ceinturé de rouge cohabite avec celui du pantalon tee-shirt qui a envahit la planète.

Les Wixarikas sont à la base des cultivateurs des 5 couleurs de maïs natif. Mais leur spiritualité millénaire en fait les derniers gardiens du peyolt champignon du cactus, qui consommé de manière rituel le dès l’âge de six ans, à dose infimes fait partie de l’ouverture à la conscience cosmique. Les américains et européens attirés par des effets hallucinogènes se sont rués dans cette région pour voler et consommer le peyotl .

Les éléments naturels sont considérés comme sacrés et partie intégrante de la vie : Autour du père soleil, la Terre Mère, Le Maïs, l’air, la Mer (sang de la Terre), le grand-père feu. Les Peuples Wixarikas se rendent en pèlerinage sur les sites sacrés en demandant de bénir les objets qu’ils offrent pour leur rendre la vie meilleure. Ils croient aussi à la Mer, au large de jalisco et font des vœux devant elle. Ces éléments vivants se retrouvent dans la symbolique artistique : comme le peyotl, l’aigle, le cerf, et l’œil de Dieu « Ojos des Dios». Réalisées en bois et laine, ces figures géométriques aux reliefs et coloris très subtiles attirent la bienfaisance divine.

Mais ce ne sont pas seulement les compagnies minières qui menacent l’avenir de ce peuple : Les campagnes gouvernementales en faveur des écoles ne sont souvent que ponctuelles, les maîtres insuffisamment formés, voire pas, ne sont pas bilingues. Et même si les enfants ont plaisir à venir à l’école, ils doivent aussi aider leurs parents à semer autre chose que des cultures vivrières : En effet, sous l’influence de cartels locaux les chanps sont réquisitionnés et plantés de marijuana.

Cette situation est difficile surtout lorsqu’un maître exigeant comme l’est Francisco fait tout pour conserver et transmettre les valeurs de son peuple. Afin que les enfants se sentent dignes de leur culture et aient plaisir comme lui à la vivre et à la partager.

Car « la reconnaissance d’un peuple indigène et le respect qui lui est dû fait partie de la reconnaissance et du respect dû à l’humanité toute entière ». C’est aussi un appel à défendre Wixarika et à se garder informé sur les péripéties qui menacent nos frères humains, au centre du Mexique. A une nuit de vol de chez nous. Pas si loin !

Sur twitter Corazon de venado @venadomeztizo

documentaire

territoire wixarika

territoire wixarika

traductrices accompagnateurs et amis mexicains

traductrices accompagnateurs et amis mexicains

Partager cet article

Repost 0
Published by pluiemexicaine
commenter cet article

commentaires