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28 août 2014 4 28 /08 /août /2014 07:12
Petits hommages à travers des objets mexicains

Les objets, tremplins pour la mémoire. Ils sont là dès que s’éloigne Mexico.

Ce bois peint de Oaxaca, qui représente des paysans au travail et de tous petits détails : le harnais des chevaux, les grains de maïs semé et au fond le lac ou l’océan avec un héron, des canards et des poissons. Ces rayons du soleil, derrière, le sens de la profondeur, du cadrage, du dessin, de la couleur qui fait rêver d’un monde digne sans agression de lobbies prédateurs. Derrière ce bois je revois les yeux du vendeur, près du marché, ses yeux noirs un peu ronds. Quelqu’un qui faisait son travail : vendre des productions de sa communauté. Quelqu’un qui travaillait dur, parce que certains totalement ignorant des conditions de vie et du salaire minimum, mégotent et exigent des prix encore plus bas. J’ai assisté à des scènes de ce genre, en taisant ma nationalité, de peur d’être contaminé ces barbares.

Cette fleur rose en crépon fripé, c’est dans une ruelle de Xochimilco, qu’une jeune fille me l’a offerte. Je lui demandais si elle allait à une fête. Elle venait d’animer un atelier pour enfants afin de transmettre cette créativité ornementale des frontons des barques qui vont sur les canaux et les maisons gardant notamment le Niño Pan. Enfant Jésus (ou petit Dieu Maïs) transmis en grande pompe le 2 février. Cette fleur porte en elle le savoir des siècles. Je l’ai reçue avec grand honneur.

Ma mochila (sac à dos) en tissu rayé aux couleurs vives, c’est une jeune femme qui m’a dit venir de la montagne entre Puebla et Veracruz. Et qui se partageait les marchés du coin avec son mari. Je ne suis pas bien sûr que l’objet ait été fait chez elle. Mais venir de si loin au DF pour vendre me semble une aventure en soi.

Ce soleil en Broderie de Hidalgo, c’est un cadeau d’Alan anthropologue créateur de sacs et d’objets pour vivre (Alan y el Bosque est sa marque) qui termine sa thèse sur les broderies de Hidalgo. L’échange avait été passionnant. Ce soleil avec ses lunettes de soleil, ensoleille le mur blanc les jours de grisaille, dans sa guirlande d’oiseaux chanteurs (Si si ils ont le bec ouvert !).

Ces oiseaux bleus je les ai posés bec contre bec sur une coupe en verre. Je revois le gamin (un grand ado) qui les peignait au marché Santo Domingo de San Cristobal. Précis, discret et amusé. Ils me rappellent un oiseau bleu furtif comme un rêve entrevu en plein DF dans de très hauts arbres un matin. Comme de rares couples fidèles et amoureux, ils ont de l’humour dans l’œil.

Sur cet exemplaire de Folio, Material Art Fair 2014 Göz le photographe entre deux rires et sous le sourire de Domingo a écrit un acrostiche sur mon prénom. Au stylo noir. Mais il n’a pas ménagé les blancs et toute une ligne fondamentale pour le sens global s’est perdue dans les caractères d’imprimerie. C’était un soir de février il faisait chaud comme les nuits de mai en France. Comme je ne l’ai jamais revu je ne saurais pas le fin mot du poème.

J’ai parcouru là 7 états, et un échantillon infime de leur production mais dans cette diversité, chaque objet parle d’un Mexique qui n’a rien à voir avec la vision des médias ni les lieux communs des européens. Or c’est bien le but de ce blog : Peu à peu au fil des articles parler d’un pays infiniment subtil.

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Published by pluiemexicaine
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