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15 septembre 2014 1 15 /09 /septembre /2014 15:41
Grito si, o grito no?

Chaque 15 septembre au Mexique et à l’étranger, se fête le Cri de l’indépendance. « el Grito ». Bien que les historiens diffèrent sur la nature exacte de cet appel la tradition est tenace et officielle.

Miguel Hidalgo a-t-il appelé à l’Indépendance, à la lutte contre les français notamment Joseph le frère de Napoléon qui allait détrôner le roi d’Espagne Fernand VII, ou au respect de la religion et du roi d’Espagne Fernando IV ? Appelait-il les indigènes à former une coalition qui entraînerait des violences et mènerait cette troupe devant Mexico sans y entrer? Celui qu'on appelait Zorro pour son esprit rusé, voulait-il le pouvoir ? Mystère. A Dolores non loin de Guanajuato où a eu lieu l’évènement, a-t-on sonné la cloche avant ou après son appel ? Cette cloche aujourd’hui fêlée et apportée à Mexico, qui tinte encore au palais gouvernemental lorsque le président de la République mexicaine lance à son tour ce cri à 23h au balcon du Zocalo devant des centaines de milliers de spectateurs. Là même où se déroule la conclusion du Jaguar sur le Toit, polar très documenté d’un chirurgien mexicain.

Pour bien des mexicains c’est l’occasion de festoyer. Boire, et se réunir dans la nuit du 15 au 16 . Oublier les vraies questions d’indépendance économique et morale, comme l’ouverture à la privatisation des ressources pétrolières et l’abandon de la souveraineté nationale. Oublier que sur tout le territoire des indigènes doivent lutter pour préserver leurs terres des multinationales, que la sécurité ne règne pas et que les citoyens doivent parfois prendre les armes pour se défendre collectivement. Oublier que certaines compagnies déversent allègrement des produits toxiques dans les fleuves et empoisonnent des surfaces impressionnantes, dans une relative impunité et silence gêné du gouvernement. Oublier que des dizaines de milliers de mexicains souffrent de disparitions forcées, et que l’application de la Loi sur les 70 000 victimes est freinée par beaucoup. C’est notamment ce que des associations de droits de l’Homme ou de réflexion citoyenne ne veulent pas oublier. Au contraire ce cri d’indépendance doit être l’occasion de se réunir pour réfléchir à ces questions qui noyautent la vie sociale et politique du Mexique. Ainsi Bastilla Mexicana (Paris) ou Brujula (Mexico) . Des journalistes comme John Ackermann rappellent , citant Marty "que ce ne sont pas les gouvernants de passage qui font le peuple, mais le peuple lui-même" et que c'est au peuple de décider de son cri. Tous ceux là et beaucoup d'autres appellent vaillamment à une autre manière de vivre le Mexique. Espérons que leur cri couvrira le brouhaha de la fête consentie et consentante.

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Published by pluiemexicaine
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