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19 septembre 2014 5 19 /09 /septembre /2014 08:35

Hérétiques, le dernier roman de Leonardo Padura, vaste fresque historique, aux héros juifs et cubains, est l’apologie de la tolérance et du libre arbitre.

Bien sûr dit l’auteur « si on fait une lecture politique mon livre à Cuba n’est pas assez révolutionnaire ». Et quand il le présente à Miami en revanche il l’est horriblement. « Les extrêmes se rejoignent" dit-il. Car quel que soit le lieu et l'époque il existe toujours des limites à la liberté auxquelles l'homme se trouve confronté.

Et l’on comprend pourquoi faire passer des idées aussi subversives, à travers l’ancien policier Mario Condé, devenu libraire, peut rassurer. En effet du coup la littérature policière, va bien au delà d’une simple enquête, et rejoint des romans qui la méprisent et souvent ne la valent pas.

L’enquête est bien là et couvre justement cette fresque historique : c’est la disparition d’une œuvre de Rembrandt léguée au 17eme siècle à une famille juive polonaise et qui reparaît à Londres en 2007. Un peintre Elias Kaminski, descendant de cette famille va demander à Mario Conde de l’accompagner à Cuba dans sa quête. Celle des origines familiales intimement liées à l’œuvre. Que trouveront les uns et les autres, ne le dévoilons pas. Mais l’ampleur du roman, va permettre à Padura de comprendre et faire comprendre ses personnages. Car « le romancier n’est pas l’historien. » Même s’il s’acquitte lui-même de ses recherches, grâce à son métier de journaliste qui l’autorise a voyager, l a besoin de connaître certains détails, « qui n’intéresseraient pas l’historien, par exemple les problèmes dentaires de Rembrandt ». Même si le risque pour l’écrivain serait « la folie de l’information" et tentation de tout mettre dans son roman ».

En tout cas Padura est un formidable conteur qui se libère et devient de plus en plus drôle devant un auditoire d’amateurs. Quand il raconte l’organisation des queues à Cuba, il aborde ces détails qui font s’approcher le lecteur européen au plus près du peuple cubain.

Valeurs universelles, puissamment humaines, la peur et l’adaptation courent chez Padura. Mais aussi l’amitié notamment sur la plage quand Mario Conde et ses vieux copains d'enfance pratiquent ces "conciles de pratiquants fondamentalistes de l'amitié » seul fondamentalisme concédé.

"Le souffle" dit Eric le libraire de Passages qui invite Padura l'auteur l'a déjà atteint avec L'homme qui aimait les chiens et surtout Le palmier et l'étoile. Avec Hérétiques il monte encore en puissance.

Leonardo Padura l'éloge du libre arbitre,
Leonardo Padura et le libraire passionné

Leonardo Padura et le libraire passionné

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Published by pluiemexicaine
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