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24 mars 2015 2 24 /03 /mars /2015 14:11
Jose Luis Valle, Busquedas, en quête de quoi?

Réalisé avec 1500 dollars, (c’est inscrit au générique !) mais avec trois acteurs célèbres du cinéma mexicain, particulièrement le ténébreux Sanchez Parra et l’incroyable de présence Gabino Rodriguez, le film pourrait aussi concourir pour le plan fixe le plus long du cinéma : Valle tenant à faire subir au spectateur un aller et retour métro de son personnage après vol de son portefeuille. Cela permet certes d’admirer les très belles mains de Sanchez Parra mais dans la salle beaucoup de spectateurs s’impatientent, soupirent, regardent leur montre, leur mobile et même se lèvent pour aller aux toilettes. Comme c’est le début du film et qu’on veut savoir en quoi consiste ces quêtes, on reste jusqu’à la fin.

Néanmoins à la seconde vision la durée n’est plus la même et on dit toujours « ah le trajet m’a paru plus court ! On s'intéresse davantage au son (non musical) et à des détails.

Pourtant s’arrêter à cela serait passer à côté d’émotions photographiques intenses. Notamment le moment où le couple tendu vers la fenêtre attend quelque chose que le spectateur ne sait pas exactement. Car le film est fondé sur cette incertitude permanente. Est-ce un film faustien, d’amour, de société ou de transports en commun ? Un documentaire ou une fiction ? Le hors champ censé permettre au spectateur d’imaginer l’histoire est abondamment utilisé. Influencé par Ozu , Bresson,comme le suggèrent certaines admiratrices, …ou Kris Marker ? La fin ouverte étant le summum du suspens.

Pour le décor, si on reconnaît la station Pantitlàn et si le taxi porte l’inscription Ecatepec, si le chant des oiseaux et la silhouette des palomitas accompagnent le héros sur son vélo-carriole de bonbonnes d’eau, l’histoire pourrait aussi se dérouler ailleurs qu’au DF.

Le réalisateur dans ses commentaires parle beaucoup de « rédemption »au sujet de son film. Personnellement j’ai vu un cocktail d’effets propres à séduire les vieilles habituées des cinémas d’art et d’essai. Et ce qui aurait pu être un excellent court métrage.

Jose Luis Valle annonce qu’il tourne actuellement un film de plusieurs millions, nous voilà rassurés ! Car son premier film Workers était vraiment prometteur. Toujours sur des personnages socialement modestes, peu lorgnés par les médias mais capables d'incroyables subterfuges.

Le réalisateur qui avait pris la nationalité mexicaine « parce que c’était le seul moyen d’avoir de l’argent pour faire un film» vit actuellement en Europe mais son prochain film porte sur la guerre au Salvador son pays d’origine. Peut-être portera-t-il une étiquette salvadorienne au prochain festival Reflets du Cinéma Latino américain? Au fond ne peut-on pas voir dans son rêve de vendre son âme au diable pour deux vestes en peau la capacité à endosser plusieurs vêtements d’un cinéaste prêt à tout pour continuer sa carrière. Pourquoi pas? Et surtout très bien entouré ?

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Published by pluiemexicaine
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