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4 mars 2015 3 04 /03 /mars /2015 10:37
LAS CARICATURAS ME HACEN LLORAR , Chroniques et essais du Voltaire mexicain ENRIQUE SERNA

Parce que le titre tombait comme une grenade en cette période troublée de France et surtout par curiosité insatiable pour les écrits de cet écrivain, je me jetais sur cet ouvrage édité chez Terracota collection L’écriture invisible.

La deuxième partie Route critique, foisonnante culture de Serna qui plonge de St Augustin à Süskind passant par Patricia Highsmith fait mesurer au lecteur qu’il n’aura pas assez d’une vie pour découvrir ces auteurs. Mais lui ouvre des labyrinthes de bibliothèque insondable.

La première Risas y desvios sertie de poèmes, s’ouvre sur une Ronde des Boy Scouts et termine sur Hymne à la cellulite. Tout un programme passant par les dégâts névrotiques de l’éducation jésuite ou machisme tordu. Tirés du supplément Sabado de Unomàsuno ces chroniques ont trempé l’écrivain dans le monde d'une « faune intellectuelle » cruelle et corrompue qu’il décrira dans son acide roman La peur des bêtes.

Peur des bêtes justifiée puisque Serna attaqué physiquement et atteint de séquelles neurologiques par certaines devra s’exiler à Barcelone avec sa famille. Pour le plaisir des européens qui ont pu le lire le rencontrer et le primer à cette époque. Et à signaler dans un monde de plus en plus puritain, Serna aborde des sujets roses et noirs. et dans une période d’édulcoration (d'émasculation?) ne craint pas de se situer du côté de la sexualité masculine.

Plus couillu que Houellebecq on aimerait qu’il parle de ce collègue un temps barcelonite lui aussi.

Mais Serna est tout sauf bourrin et si le sexe est le moteur du monde , il rêve de la « réconciliation de l’homme et de la femme, du nu et du nœud et des mots avec leur nature ambiguë ». Il aborde aussi d’autres sujets traquant chaque fois subtilement les moteurs des comportements sociaux des classes libérales « s’encanaillant » sur le terrain du populaire : Jean’s percés, lucha libre…ou « La défense du lieu commun ».

Un vrai plaisir littéraire, incisif, parce que toujours en dehors des sentiers rebattus et de la pensée unique.

Au Salon du Livre de La Mineria 2013 Serna qui peut aussi bien écrire sur la poésie baroque que sur l'histoire de Santa Anna et de la cession aux USA d'immenses territoires mexicains, préparait une « Origine de la superbe intellectuelle » .Chacune de ses œuvres étant un évènement littéraire je conseille aussi « La double vie de Jesùs » (quel Jesus ?) tout à fait dans l’air du temps de cette période électorale mexicaine et universelle…

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Published by pluiemexicaine
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