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11 juin 2015 4 11 /06 /juin /2015 11:17
la Fermata del Moro oasis d'humanisme

ASSIS SUR SON SOCLE LE MORO DE GRANIT REFLECHIT à l’entrée du lieu..

« Ici pas de wifi, nous privilégions la conversation entre convives » dit une pancarte.

Au fond, la cuisine et deux serveurs souriants (en parité) vont et viennent entre les tables. Des faïences de Dolores de Hidalgo ornent les chaises.

Sur l’estrade le jeudi un musicien chante. La nourriture est traditionnelle, équilibrée, goûteuse. Le menu typique équilibré et les eaux digestives, légères : limon, tamarindo, piña...

Des amis, des familles, (les enfants sont bien accueillis) les jeunes, fréquentent l’endroit. La taille de l’espace favorise une aisance des clients et la discrétion.

Une pancarte dirige les usagers vers le cybercafé tenu par l’intelligent et méditatif Gustavo. Un cyber qui fonctionne bien parce que Gustavo a toutes les compétences informatiques, outre la science politique et sociale. L’atmosphère y est fraîche et tranquille. Les appareils nets. Gustavo passe de la musique classique, de l’opéra et de la chanson française pour les clientes de là-bas. On peut travailler posément.

De temps en temps passe un heladero qui fabrique de délicieuses glaces au Mamey.

A l’entrée de La Fermata, par un fenêtron, une voix hèle parfois les serveurs. Passe une commande, un café. Monsieur Moreno, El Moro, venu de Veracruz quand il était jeune, ancien ingénieur et boxeur, siège dans la cafétéria. Il fait le café corsé, qui provient de a région, et entretient une ambiance conviviale avec la clientèle. Au tableau noir des idéogrammes mandarins, parce que Lourdes l’épouse du Moro, apprend la langue chinoise.

Des habitués viennent y déjeuner et deviser en toute intelligence. Gina la chilienne, Octavio le professeur de chirurgie retraité, apprenti ébéniste et fabuleux mélomane et Monique la française forment « un petit ONU », dit Gina. Le fils de la maison,

Fernando, avocat et professeur de droit, anime l’endroit de son intelligence fulgurante et de son humour. Président d’une association indigène, Tierra Nostra, fervent juriste et lecteur impénitent il peut parler de Dérida la première fois qu’il vous voit. Pour votre plus grand plaisir. Parfois vêtu d’un duffle-coat et parfois « en Avocat », costard cravate, « l’habit fait le moine dit-il ici surtout. Ou on ne porte pas la toge ».

Monsieur Moro quand tout est tranquille raconte son amour pour son épouse et ses craintes de vivre sans elle. Une belle histoire. Phiémon et Baucis. Seront-ils changé en jacaranda? A-t-il fêté la Saint Valentin ? "C’est tous les jours, intervient Lourdes, et il a intérêt sinon je le frappe ! » Et elle rit avec chaleur.

Bref le lieu loin de certaines brasseries à touristes, plus ancré dans la vie mexicaine, dans ce bario San Diego de Churubusco, offre une pause aux ménagères et aux journalistes entre deux manifs, et on ne peut que remercier les propriétaires d’avoir su créer, un climat chaleureux et de bonne intelligence qui leur ressemble. Un ilot d’humanité pensante et sensitive.

Fermata del Moro, Avenida Heroes 47, 93, Coyoacan

Photo Enrique S

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Published by pluiemexicaine
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