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19 juillet 2015 7 19 /07 /juillet /2015 05:42
Le petit cireur de souliers du métro

Ce jour-là à Cuatro Caminos, direction Tasqueña était monté près de moi un père de famille avec sa femme et leurs trois enfants. Le bébé dormait contre sa mère. Les deux écoliers assis en face discutaient tranquillement sous l'oeil bienveillant du père.

Soudain le père sentant quelque chose sur son pied baissa les yeux : un gosse noir de saleté,, frottait sa chaussure avec un petit chiffon. Le père chercha une pièce. Le petit cireur tendit la main sans se lever et continua à ramper jusqu'au prochain client.

Je regardais le père. Il pleurait en silence.

Le droit à l'éducation ce gosse là ne connaissait pas. Pas plus peut-être que celui d'être protégé, nourri, abrité. Peut-être même était-il exploité par une bande, par des grands ou des adultes? Peut-être avait il décidé de ce travail pour rapporter de quoi manger à une mère isolée.

Les usagers habitués à ce spectacle ne disaient rien.

Aurions-nous dû tirer le signal d'alarme, arrêter le métro pour faire une prise de conscience? Nous nous serions fait lyncher par les usagers pressés de rentrer manger ou d'aller à un rendez-vous. Le gosse aurait fui la rame en courant, perdu sa subsistance de la journée. Se serait peut-être fait battre de ne rien rapporter?

Pourquoi dans un pays qui parle sans cesse de mobilisation citoyenne, ne se révolte-t-on pas au quotidien pour des sujets fondamentaux? Comment changer la politique si on ne changeait rien au quotidien?

Je regardais le père. Je savais qu'au repas il répondrait aux questions de ses enfants.

Je restais avec ma colère de ne pouvoir rien faire. De ne pouvoir prendre une position ouverte qui aurait changé la vie de ces gamins. Comment des députés peuvent-il tolérer cela?

Il y avait pourtant suffisamment d'argent dans ce pays pour envoyer à l'école TOUS les enfants.

Pour faire la chasse à ces repaires d'exploitation infantile. Il y avait tout dans cette corne d'abondance. Sauf une volonté de protéger les plus faibles. Ce qui est le summum d'une société civilisé, chez les éléphants comme chez les humains.

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Published by pluiemexicaine
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