Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
31 juillet 2015 5 31 /07 /juillet /2015 08:23
UNAM quand l'excellence et le prestige masquent les manques

Qui ne serait séduit par la plus grande université d’Amérique latine ? Ses immenses campus œuvre d’art, ses spacieux bâtiments au milieu de la verdure, l’excellence des cours et des échanges que l’on peut y trouver, le niveau des professeurs, tout cela aimante les jeunes gens qui ne pourraient jamais atteindre une université privée.

La UNAM est vraiment le produit d’une volonté de rendre publique l’enseignement supérieur à la majorité des mexicains afin d’augmenter le niveau intellectuel et scientifique du pays. Le projet était ambitieux et noble.

Evidemment qui dit éducation, dit pensée, conscience politique et la tradition de résistance de la UNAM rejoint celle des grandes universités du monde, en proportion supérieure. Et la répression en 68 et 71 entre autre a été un véritable massacre contre des étudiants pacifistes. Hélas les lois récentes sur la répression des manifestations reviennent en quelque sorte à ce climat politique de dictature.

Mais sur le plan purement universitaire la UNAM reste un creuset efficient.

Néanmoins des problèmes surgissent.

1° En raison du nombre de places. Des milliers d’étudiants sortant de préparatoria (fin de cycle équivalent au lycée) ne peuvent accéder à la UNAM faute de place. Là encore certains malgré un concours d’entrée raté, peuvent y entrer à la faveur de pots de vins administratifs. Des parents de villages proche de Teotihuacan m’ont alerté sur ce sujet en 2010. Et depuis j’ai rencontré une quantité de jeunes travaillant dans la rue, les bars, ou ailleurs faute d’avoir été pris à la UNAM. Coupant la route à des enfants intelligents on la laisse à de sombres crétins.

2° A la sortie de la Licence, seuls 15% des étudiants obtiennent leur diplôme. En 2013 40% des étudiants abandonnaient avant. Et seuls 23% obtenaient la licence. Il semblerait qu’en 2015 les chiffres se soient aggravés. 15%.

Une explication est le coût non de l’université elle–même, gratuite, mais celui de matériaux et fournitures nécessaires et des frais de vie quotidienne. Certes beaucoup d’étudiants vivent encore chez leurs parents au Mexique. Mais ces parents n’ont pas forcément les moyens de payer ces fournitures.
Par exemple Bere une étudiante en architecture doit acheter le matériel pour construire les maquettes .Et pour ce faire il lui faut absolument travailler. Mais qui dit travailler en plus de ses études au DF entraîne une vie absolument démente en horaires, transports, fatigue.
Beaucoup de jeunes décrochent donc. Et ne peuvent se former sérieusement.

Beaucoup se rendent compte que le marché du travail est fermé, réservé aux réseaux , et qu’ils seront très mal payés ne pouvant assurer leur quotidien. Cette prise de conscience entraîne du dégoût des études et met sur la touche. Une sorte de dépression universitaire !

Certains se sont fourvoyés dans une filière libre qui ne leur correspondait pas.

Ainsi la UNAM ne répond-t-elle qu’à une partie des besoins étudiants. Et malgré toute son aura (ou peut-être à cause d’elle !) elle laisse sur la touche des milliers de jeunes mexicains. Coupant la voie au développement du pays et prétendant le manque de compétences pour se tourner vers les investissements étrangers. Alors que le Mexique a tout le potentiel d’intelligence voulu.

Seuls les politiques intelligents et proches du peuple savent favoriser les talents. Et permettent d’en acquérir d’autre. Le Gouvernement mexicain actuel semble mettre son budget à bien d’autres postes. Quand il ne neutralise pas les étudiants!

Un pays qui veut se développer doit croire en lui-même.Et donc en sa jeunesse.

Partager cet article

Repost 0
Published by pluiemexicaine
commenter cet article

commentaires