Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
12 octobre 2015 1 12 /10 /octobre /2015 15:51

Le Festival Lumière de Lyon fait confiance pour ses choix au goût de ses invités. C'est ainsi que Martin Scorsese a choisi entre autre 5 perles du cinéma mexicain.Distinto amanecer, double destinée, Maison de rendez-vous, Macario et Enamorada. Passée la présentation parsemée des clichés d'usage et les décibels du générique, on ne peut que se laisser captiver par cette romance révolutionnaire.

Grâce aux 3 personnages principaux, le général, la belle et le prêtre ami et confident,(Fernando Fernandez) ce qui ne serait qu'une autre mégère apprivoisée, se transforme en une très profonde réflexion sociale.

On y voit le général réagir physiquement aux agressions physiques de la violente Beatriz seulement lorsqu'elle s'en prend aux vivandières qui suivent leurs hommes soldats et donnent souvent leur vie en même temps qu'eux. La présence d'une petite fille, Adelita (comme la fille adoptive du réalisateur Emilio Fernandez), adoptée par le général exprime d'emblée le côté noble du soldat.

Un moment de bravoure relie aussi la visite des rois mages, les puissants qui devraient se montrer humbles devant le peuple, avec les valeurs évangéliques qui font désespérément défaut. En 1917, en 48 époque du film et aujourd'hui. C'est d'ailleurs ce qui va émouvoir la jeune fille et changer son regard.

Tourné à Cholula Puebla le film a pour arrière fond les volcans de cette belle région.

Mais surtout le jeu des acteurs à mon goût surtout le subtil Armendariz passant de la comédie au drame, du bravache au lutteur social et de l'amour forcené à l'amour agapé avec une présence époustouflante. On ne parlera pas de la très belle Maria Felix dans ce rôle de jeune fille pétardière et résistante.

J'ai trouvé amusant que ces acteurs aient tous les deux une très grande mobilité du sourcil droit de forme triangulaire.

Mais l'histoire et les acteurs sont surtout formidablement filmés par Gabriel Figueroa depuis des contre plongées vers des portiques d'église, jusqu'au très gros plans sur les yeux, grain de peau, bijoux...La force du noir et blanc renforcée par le contraste des costumes puissamment graphique.

Emilio Fernandez fils d'une indigène et d'un général révolutionnaire, révolutionnaire lui même au côté de La Huerta ayant dû fuir à Hollywood, et aussi grand amoureux de magnifiques actrices s'est sans doute beaucoup impliqué intimement dans cette "pépite". Dommage que le public lyonnais un peu austère ne rie pas beaucoup à certaines scènes de franche comédie.

www.festival-lumiere.org/

Partager cet article

Repost 0
Published by pluiemexicaine
commenter cet article

commentaires