Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
22 novembre 2015 7 22 /11 /novembre /2015 12:56
Juan Pablo Villalobos le comique de la tragédie mexicaine

Son intervention a la fac de St -Etienne a été supprimée, parce qu’il était coincé dans un TGV à Perpignan en provenance de Barcelone!

Madame Rimbot professeur d’histoire latino organisatrice de cette manifestation en lien avec le Festival Belles Latinas, en profite pour expliquer sa conception d’une histoire présente dans la culture populaire, cuisine, chansons, films …Une ouverture assez rare dans l'Université française.

Et comme on apprend que le train redémarre, et que l’écrivain publié par la prestigieuse maison Actes Sud, finira par arriver, on attend la prochaine intervention le soir à la Bibliothèque de Tarentaize. Une bibliothèque un peu excentrée et mal indiquée mais qui accueille chaleureusement un noyau de vaillants hispanophones papotant avant l’arrivée de l’écrivain.

Celui-ci arrive bardé de toute sa petite famille. Madame, brésilienne doctorante en socio -linguistique et deux enfants à qui l’auteur a dédié chacun de ses livres. Son fils Matéo a d’ailleurs du mal a tenir sur sa chaise au premier rang. "Dans le terrier du Lapin Blanc est né de la lecture d’un test de grossesse. Passant du désir d’enfant aux désirs de l’enfant" expllique son père. Puis était née la question "quel serait le désir le plus incongru d’un enfant, et qui serait le père d’un enfant au rêve le plus cher ? Un fils de roi. Ou de narco. " Et c’est le cas de ce premier roman. Voilà pour la présentation. Quant-aux Hippopotames du roman ils n'ont rien à voir avec ceux d'Escobar toujours dans la nature quelque part en Colombie.

Christian Roinat professeur d’espagnol à l'université Jean Monnet et membre du comité de direction d'Espaces Latinos interviewe le quadragénaire en col roulé rouge, un peu sérieux au départ, il approfondit les détails biographiques. Puis la question de l’ironie.

Oui, il est d’une famille nombreuse, oui il décrit son village Lagos de Moreno Jalisco. Oui ses études de Marketing l’ennuyaient et il rêvait d’écrire. Oui la gravité de ses sujets, un narco trafiquant ou un cadet de famille nombreuse de classe moyenne (la grande question!) sur fond de catastrophe économique suite à la dévaluation des années 90 se transforme en contes philosophiques où l’ironie cinglante et le farfelu l’emportent sur les larmes. Attitude assez typiquement mexicaine en somme. Mais l’auteur passé du Marketing à un doctorat de littérature espagnole à Barcelone préfère se fendre d’une citation du très chic philosophe Adorno sur le sujet. « Le roman est la comédie de la tragédie »

cependant, le plus intéressant c’est Juan Pablo Villalobos sorte de Schéhérazade en blazer.

Car lorsqu’il raconte le passage d’une séance de coiffeur terminée à l’hôpital au Brésil et transformée en nouvelle politico-sociale, il termine en disant qu’il a menti en nous racontant cette anecdote. On sent donc à merveille l’emboitement des éléments, qui entraîne la narration et subjugue l’auteur lui-même. La fin loufoque, inattendue, de romans assez courts mais très denses et à déguster à la cuillerée de pages.

La littérature comme moyen d’échapper à un quotidien morose voire dramatique et la quête du mystère propre à chaque roman , caché dans l’écriture. C’est pourquoi il peaufine. Tourne 7 fois sa plume, et le final le satisfait quand il le surprend.

Les noms de ses personnages partent d’un parti pris. L’auteur ne doit pas s’ennuyer avec un nom répété à longueur de lignes. C’est pourquoi tous les prénoms du terrier sont nahuatls tandis que Si nous vivions dans un endroit normal » offre toute la palette de prénoms grecs pour un roman ayant quelque chose à voir avec l’Orestie. Villalobos ne dit pas que les Aristote, Ulysse, Euclide, fleurissent au Mexique parmi des trentenaires dont les parents ont fréquenté la UNAM. Je connais même un Erastotène !) Il préfère nous en conter : « il y a une réponses simple et une compliquée pour les gens intelligents et la vraie est la simple » Réponses susdites.

Sur les écrivains qu’il aime il reste sobre, car il fustige « une littérature d’aujourd’hui, sans saveur ni sans engagement née de la mondialisation et fille du capitalisme ». Aussi son éloignement du Mexique au Brésil comme en Catalogne, lui pose question. Doit-il aborder d’autres sujets ? Il veut traiter du Mexique qu’il connaît mais « éviter deux écueils de la littérature mexicaine folklorisme et nostalgie ». (Comme Volpi ! Note de la rédaction) .

Ses deux références sont l’argentin Cesar Aira auteur de Larmes et Fernando del Paso mexicain né en 1035 honoré récemment du Prix Cervantes.

Juan Villalobos a écrit en espagnol sur le football au Brésil. Il prépare un livre dont le titre français sera Le temps perdu. Car il l’a retrouvé lui ! dit-il avec un sourire assez rare. Oui Ce jeune écrivain mexicain un peu intellectuel, bien placé dans un lectorat jeunesse mais dont les ados ne comprennent sans doute pas les allusions politico-historiques, les séduits ou les rebute par l’utilisation d’injures typiques un peu édulcorées par la traduction peut-être ? Un jeune lecteur de Monterrey après les vagues de violences de cette ville lui reprochait de parler mal. Ainsi qu’une prisonnière brésilienne ayant tué 5 policiers. (Peut-être lui avaient-ils parlé mal, pensai-je).

L’écrivain reprit rapido un dernier train de nuit train pour Lyon avec les siens ce vendredi 13 novembre désormais tragique. Son intervention du lundi à l’amphithéâtre de l’Opéra sur le thème du Polar sera elle aussi annulée, suite à ces événements : Villalobos ne voulait pas laisser son épouse rentrer seule à Barcelone dans ce contexte d’attentats. Parlera-t-il un jour de cette aventure ? On manque sérieusement d’écrivains comme lui en France, maniant la réalité avec loufoquerie et intelligence.

Comme tout bon conteur il sait aussi très bien vendre sa littérature (Marketing influence ?) et l’échange lui-même fut un moment de création littéraire.

Ses romans :

Dans le terrier du Lapin blanc Actes Sud

Si nous vivions dans un endroit normal Actes Sud

Traduits par Claude Bleton

Contact pour ceux qui voudraient l’inviter : En lycée ou fin de collège, en salon du livre...

jp@juanpablovillalobos.com

Site

www.espaces-latinos.org

entame du 23 au 28 novembre le festival Documental à l'Amphithéâtre de l'Opéra de Lyon. Arriver au moins une demi-heure avant l'ouverture, sinon vous trouvez porte close.Programme sur le site d'Espaces latinos

chaleureux accueil de la Bibliothèque de la Tarentaize (42)

chaleureux accueil de la Bibliothèque de la Tarentaize (42)

Partager cet article

Repost 0
Published by pluiemexicaine
commenter cet article

commentaires

Bostbarge 07/12/2015 00:35

Une correction-précision... : l'interview de Juan Pablo Villalobos à la médiathèque de Saint-Étienne à été menée par Christian Roinat, professeur d'espagnol (Université Jean Monnet) et membre de l'equipe de direction d'Espaces Latinos.
Je n'ai assure que la traduction des réponses apportées par l'auteur....

pluiemexicaine 09/12/2015 20:10

Je vous prie de m'excuser