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16 mars 2012 5 16 /03 /mars /2012 09:41

2012-03-08 20.42.44

Déterminé le petit noyau de citoyennes mexicaines pour la paix! Bien placées sur le trottoir gauche de La rue du Faubourg St-Antoine  : aucune manifestante ne pouvait passer sans les voir.
Et les photographes, reporters, journalistes n’ont pas manqué de capter l’image. Certains abonnés à Courrier International, connaissaient l’hécatombe de femmes, à Juarez comme dans tout le territoire.
Hélàs à l’impunité des pouvoirs judiciaires mexicains, à l’indifférence des fonctionnaires de police, à la passivité des télévisions fédérales, s’ajoute celle des presses étrangères, dont on le sait bien, la couverture incontournable permet seule de remuer les consciences internationales et par effet boomerang piquer l‘orgueil des gouvernants fautifs.
Une page du Monde sur les mères de Juarez pleurant leurs 200 filles disparues et nul journal ne pourrait plus se taire! La Une de Libération ou du Figaro sur les menaces contre Coral et Victoria filles de deux paysans défenseurs des droits de l’hommes disparus depuis le 6 décembre 2011 et chacun saurait, irait glaner ensuite les informations complémentaires pour apporter son aide citoyenne aux unes ou aux autres. La Une du Nouvel Observateur sur Norma Andrade, fondatrice de Nos Filles de retour à la Maison, après la disparition de sa fille de 16 ans et le Mexique des féminicides impunis trouverait enfin un digne écho. La Une de Têtu sur le crime d'Agnès Torres militante transgenre ferait le tour du monde.
Le groupe des Citoyens de Paris, après la manifestation du 8 Mars espérait davantage de visibilité du problème.
Certes la répression contre les femmes a repris de manière inquiétante dans le monde entier. Et la solidarité était palpable dans le défilé avec les iraniennes, les tunisiennes, les femmes de nombreux pays centre africains, et les syriennes qui subissent l’effroyable massacre de leurs familles et de leurs enfants, massacre dont la Russie et Chine se font complices. Tous ces pays dans lesquels la Cause des femmes ne peut même plus se consacrer à d’autres aspects que la survie immédiate.
Certes l’injustice contre une seule femme emprisonnée à tort dans le monde doit se dire et tout doit être fait pour la récupérer. Mais en polarisant sur un cas, on occulte complicément des situations beaucoup plus terribles. Et on se rend d'une certaine manière coupable d'autres assassinats à venir. Et d'autres injustices.
C’est donc aux femmes des pays démocratiques de tendre la main à leurs sœurs en danger. Aux journalistes de résister à la pression du « médiatique commercialement correct » pour traiter le cas d’ouvrières, demandeuses d’emploi, commerçantes, étudiantes, collégiennes de 13 ans, enlevées, torturées, assassinées et jetées dans le désert. Un journaliste digne de son éthique doit refuser de bêler en chorus et enfin aborder des réalités qui fâchent.
Rappelons nous ce qui était valable il y a 65 ans dans cette paraphrase :
«Quand on a massacré les Syriennes, je me suis tu
   Quand on a lapidé les iraniennes je n’ai rien dit

   Quand on a enlevé mutilé et assassiné les Mexicaines, je n'ai rien écrit

   Quand on est venu me tuer il n’y avait plus personne pour crier! »

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Published by pluiemexicaine
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