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28 février 2013 4 28 /02 /février /2013 10:33

 mini

 

C'est la dernière tartufferie du Général Javier Aguayo de Camargo, militaire à la retraite, directeur de la sécurité municipale de la ville d'Acuña. Après l'avoir été brièvement à San Luis Potossi et Chihuahua. "Au nom de la décence, des bonnes moeurs" et "parce que leur vue dénote des comportements prostitutionnels qui affectent les famillles de la ville".

L'homme soutenu par "le groupe pour la bonne gouvernance" ne bâdine pas.Et sa chasse aux sorcières s'appuye sur les dénonciations qu'il réclame aux habitants. Les contrevenantes seront arrêtées et soumises à une amende. "Pour leur enseigner les bons usages".

Dans un Etat de Coahuila au Nord du Mexique où le féminicide n'était pas caractérisé avant octobre 2012, un pays qui a vu de 2009 à 2010 1858 crimes contre des femmes mais ne faisant rien pour les résoudre on préfère stigmatiser les personnes.Considérer les femmes comme responsables des viols subis a longtemps été le langage de la police et perdure dans de nombreux pays. Recherche de boucs-chèvres- émissaires, comportement archaique bien connu, pour dériver des véritables questions. Les commentaires de l'article de SinEmbargo annonçant l'affaire, y voient "une islamisation à la mexicaine", demandant "à quand la burqha?". Cela me rappelle les propos et crachats dont fut l'objet un couple franco-mexicain en vacances en France, de la part de jeunes, prenant la jeune femme pour une musulmane non voilée et de surcroît mariée à "un blanc". Les communautés appelant à une prétendue pudeur des femmes, ne visent en fait qu'à 'un contrôle strict d'un genre qui les effraye. Cela va des orthodoxes russes ayant condamné les Pussy Riot, aux intégristes catholiques refusant le droit de disposer de son corps par rapport à la naissance, les prôneurs de mariage forcé comme on en voit reparaître en Tunisie.

 

Molière faisait dire à Tartuffe à la servante :

"Cachez ce sein que je ne saurais voir!

- "Moi je vous verrais nu du haut jusques au bas, que tous vos beaux appats ne me troubleraient pas." répondait la futée.

 

Mais ce général peut-être affecté de gâtisme précoce ne se contente pas de stigmatiser les porteuses de mini jupes. Il mélange tout : Le voilà qui s'attaque aux femmes "et aux homosexuels habillés de cette façon". Comme réagit un twittero "qu'on explique à ce bonhomme la différence entre homosexuel et travesti"

Effectivement réduire les homosexuels à des prostituées porteuses de mini-jupe est d'une simplification qui en certains pays pourrait conduire à des plaintes d'associations concernées. On ne peut d'ailleurs qu'espérer, bien que cela n'ait pas paru dans la presse mexicaine pourtant offusquée, que des associations internationales prennent le relai et dénoncent à leur tour devant une juridiction adaptée ce général Javier Aguayo de Camargo. Quant au maire d'Acuña, bredouillant qu'il n'avait pas pensé tout ça, il ferait bien de changer de directeur de Sécurité Municipale.

 

Encore une fois les vieux démons de l'humanité ne sont pas éteints. Chaque jour l'un deux ressort de ses cendres dans un monde qui semble se fasciser beaucoup en ce moment. En France, les associations de Droits de l'Homme veillant rigoureusement, ce n'est plus tant aux homosexuels ni au femmes ni aux arabes que l'on s'en prend, mais aux tsiganes, fussent ils français depuis le 15eme siècle. Une pétition contre eux vient d'être lancée par le maire de Sannois (Val d'Oise) un homme qui en décembre a pourtant été condamné pour avoir extorqué à l'aide d'un notaire un terrain à une dame de 91 ans. Il a aussi été déclaré inelligible. Mais avec le système judiciaire français, comme il a fait appel de cette condamnation, il est toujours à son poste de maire à stigmatiser ceux que l'adminnistration appelle "gens du voyage". Il a même eu l'appui du FN qu' on suspecte depuis des années d'obtention de fonds par le même type d'abus sur personne vulnérable.

Que l'on regarde bien : derrière les attaques à un groupe humain se profile généralement de sombres pulsions de territoire, de pouvoir, d'ego. Et des refoulements plus sombres encore. Lorsqu'ils affectent des élus, des policiers, des hommes d'Etat on doit craindre pour la liberté et refuser de se laisser munipuler par des marottes.

 

 

 

 

 

 

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Published by pluiemexicaine
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