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24 mai 2013 5 24 /05 /mai /2013 08:55

ponia

 

 

Ne pouvant rester longtemps sans lire ni rester éloigné du végétal j’achetais l’album d’Elena Poniatowska illustré par Oswaldo Hernàndez Garnica.

La couverture humoristique rappelle ces personnages d’Arcimboldo composés d’éléments disparates. Le titre au point de croix façon ouvrage de dame. Mais le livre est surtout placé d’emblée sous le double signe mexicain du limonero et de la jacaranda. Histoire d’amour un peu compliquée au début (c’est souvent le contraire !) mais où le bonheur des arbres finit par gagner les habitants et les passants. Et comme au Mexique tout finit par une fête et des chansons.


Il faut bien dire que Chimalistac est un havre de verdure bien entretenu dans la capitale. Et qu’il fait bon y respirer le frêne séculaire et le Jacaranda. Dans une ville présentée au monde comme une mégapole archipolluée on oublie ces endroits où les terrains acquis souvent depuis longtemps demeurent des parcs individuels. Certes des arbres plantés aux entrées de périphériques en sortant de l’aéroport ont fait mon étonnement. Ensuite, là où le besoin de se loger est vital l’aménagement des espaces verts passe en second lieu. Mais chacun peut s’aménager un petit coin de verdure. Plantes en terrasse, dans le corridor ou la cuisine.


Car comme le suggère le joli conte d’Elenita, le végétal et l’humain ne vont pas l’un sans l’autre. 

Ils s’accompagnent, se rafraîchissent, s’entretiennent, mutuellement. Se soignent. Même si parfois l’homme pour diverses raisons a oublié cette interdépendance pour utiliser l’arbre à des fins marchandes. Là est un risque qui n’est pas directement évoqué : les princesses des contes n'y vont pas avec leurs gros sabots!

Néanmoins le pouvoir public y a droit de vie et de mort sur les arbres dont la taille représente parfois une menace réelle ou alléguée. Ailleurs certains Robins des bois s’énchaînent aux arbres pour en éviter l’abattage. Cette jeune Gantoise, n’hésitait pas pour préserver les haies d'aulnes au bord d’un canal. En France au contraire, quand vient le temps où les feuilles mortes se ramassent à la pelle, pour éviter aux communes les frais de nettoyage, certains maires préfèrent remplacer les bons tilleuls par des objets en plastique appelés aussi arbres. 


Heureusement au Mexique la chute des fleurs de Jacaranda fait encore partie de la poésie. Et quand arrive la saison beaucoup ne résistent pas à en déposer des photos sur les réseaux de la toile. Jusqu’au Poète Alberto Ruy Sanchez. 

Je me rappelle ma petite enquête en 2010 où dans un square de Mexico, je demandais autour « vous connaissez le nom de cet arbre ?» : 1 personne sur 10 me répondait justement. Ce n’est pas forcément signe de « total » désintérêt et l’on se préoccupe parfois davantage de ce qui pousse hors de son pays. Je me demandais si le pourcentage des réponses serait le même dans Atoyac ou au Chiapas ? On y sait sûrement que comme dans ce livre certains arbres s'épaulent mutuellement. Cette donne du végétal explorée récemment par la science était connue des vignerons et jardiniers par tradition séculaire.Même si elle est utilisée dans le conte à des fins métaphoriques.

En tout cas à côté des prartiques techniques de communication,  la « leçon de choses » devrait se pratiquer partout dans le plaisir. L’observation de la nature affine l’esprit scientifique mais aussi le plaisir du langage. Rêverie indispensable à l'imagination. Boda en Chimalistac en est une de rêverie, humoristique et émouvante sur les arbres, offerte par l’épouse d’un grand observateur du cosmos. Elle m’a réjoui et plaira aux enfants comme aux botanistes… même en herbe !

 

Boda en Chimalistac

Elena Poniatowska texte, Oswaldo Hernandez Garnica illustrations

Collection A la orilla del viento

Ed Fondo de cultura économica Mexico

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Published by pluiemexicaine
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