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27 janvier 2012 5 27 /01 /janvier /2012 20:13

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C’est-ce que pense Javier Sicilia lorsqu’il parle "d’aveuglement historique ".

 
Il faut dire qu’il ne se passe pas un jour sans que le gouvernement en place ne minimise le nombre d’assassinats. Chipote sur des chiffres comme s‘il n‘y avait pas des vies en jeu. « Il y en a beaucoup plus dans les autres pays, » dit l’un (détourner le problème plutôt que le résoudre). "La violence a diminué", dit l’autre. On donne même conseil aux pays en difficultés économiques « de prendre le bazouka » vocabulaire belliciste totalement inapproprié qui a déclenché beaucoup de rires sous cape, mais surtout indécent quand vient d' un pays vivant une véritable saignée de sa population par les armes à feu.
Pendant ce temps les candidats brigant les postes ne semblent pas plus réalistes. Nul ne ‘aborde vraiment la question. Tous se réfugient dans de fumeux projets éducatifs, économiques. Ou tacitement militaires. Bien insuffisants.

De quoi ont-ils réellement peur ?
S’ils abordent la question de front, passeront-ils pour des défenseurs des droits de l’homme et comme ces derniers seront-ils éliminés physiquement avant la fin de la campagne?
Mais la fonction présidentielle n’est-elle pas avant tout la défense des humains? Tous ceux du pays.

Ont-ils peur de perdre des financements plus ou moins licites en déplaisant. Le courage n’est-il pas la fonction première d’un véritable chef ? Ont-ils besoin de tant d’argent  quand on a des idées et qu’on trouve le moyen de les communiquer.

Ont-ils peur d’effrayer le public et d’entrer dans un système pseudo magique s’attirant le mauvais œil?
Mais un chef  malgré la part de magie que peut représenter son destin, n’est-il pas avant tout profondément pragmatique et au-dessus des enfantillages?

Ont-ils peur d’apporter l’angoisse à une partie du pays qui nage dans le bonheur et pour qui la violence reste une série de chiffres ou un fait divers médiatique?
Mais un chef  ne devrait-il pas connaître les vraies peurs justement pour les rassurer en faisant face à la situation?

Ont-ils peur que les décisions qu’ils devront prendre, militaires ou au contraire non violentes, dresse l’armée et la police contre eux? Mais les armées et polices dans les pays civilisés ne sont-elles pas plutôt les protectrices des plus faibles plutôt que des va-t-en guerre? Et les chefs de gouvernements restant chef des armées ne sont pas obligés de les envoyer contre le peuple. Un pays pacifique est un pays qui a déjà résolu beaucoup de questions.

Ont-ils peur d’eux-mêmes? De leurs démons ? Ne seraient-ils ni forts en réalité, ni assez intelligents, ni pragmatiques, ni sensés, ni pacifiques? Auquel cas montrant ces faiblesses ils devraient renoncer à leurs prétentions avant qu‘il ne soit trop tard.

Quel que soit leur mobile, il n’est pas louable et ne devrait pas donner confiance aux citoyens qu’ils vont manager. Et si leur aveuglement est pure sottise, Il est impossible en n’ayant pas les idées claires qu’ils réussissent un mandat  présidentiel.

En tout cas il est certain que la force cette année a été du côté des plus vulnérables, ceux à qui on a tout pris. Et qui ont continué à vivre. Du côté de paysans, de forestiers, de femmes, d’hommes, refusant de fuir leurs maisons et leurs terres. Le courage est du côté de ceux qui se sont mis à la place des autres dans la compassion réelle et la compréhension. Du côté de ceux qui ont cherché ensemble des solutions concrètes pour les victimes. Et pour éviter l’aggravation du problème. Du côté de ceux qui n’ont pas craint l’ampleur de la tâche et ont travaillé sans relâche, sillonnant le pays, faisant réunion sur réunion. Du côté de ceux qui sont allés jusqu’au bout de leurs idées et qui les ont assumé au risque de leur vie.

Le Président du Mexique devrait être ce peuple-là.

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Published by pluiemexicaine
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