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11 mai 2011 3 11 /05 /mai /2011 22:00

En hommage à ceux de Oaxaca qui ont marché pour la Paix et la justice le 8 mai. Particulièrement à Francisco Toledo que j'aime depuis le premier jour. Ce poème composé là-bas pour ses 70 printemps.

PluieMexicaine

 

 

 

2011-02-21 19.27.00 

 

 

Au plus profond de la terre mentale

surgissent des figures antiques du destin

chevauchant des grenouilles et lapins orgasmiques

singes au sexe voluté, si près de l'homme,

et rire du coyote sous la serre de l'aigle.

Monde chapulinesque aux soubresauts divins.

Quand Tlaloc s'en vient fécondant la déesse

dans un regard de brume et le temps d'un éclair.

Griffures de puma, la gouge ou le stylet

gravent dedans la peau de l'écorce amate,

sans le laisser exangue.

Respectueux du temps et des arbres sacrés.

Les doigts sombres palpent pétrissent et modèlent

la terre

mondes couleurs des champs de lave

et de tezontle

Poudre d'émail onyx étoiles d'obsidienne

sur ses temples majeurs

Citadelles effondrées au feu du four fouailleur

Les doigts suivent la céramique tiède

ils caressent le flanc du volcan accouché.

La colère s'est tue.

Le Popocatepelt s'est affaissé tremblant de rage et de chagrin.

Toledo lui, prend des armes discrètes.

Dépense sans compter pour des causes secrètes.

Les larmes de la Llorada brûlent aussi le thorax des pères.

Le peintre, le graveur, l'amant, frère et ami

ne clament pas au jour les brûlures de l'âme.

Elles débordent là, irriguent la matière

arrosent la terre

juste assez pour lui donner forme substancielle.

 

Chemise de manta

pantalon de la même

pieds couleur de la terre.

Et la femme endormie

du sommeil de l'amour

cherche dans sa nuit bleue ces pieds pour se chauffer.

Francisco prend la femme et modèle ses courbes

quelle amoureuse en son sommeil résisterait?

 

Et Oaxaca s'endort. Les armes se sont tues

qui demain vont surgir des mantes et des tombes.

Et le labeur aussi.

Sans retraite, sans fin.

La terre chocolat dans la selve brillante

cache l'enfant jaguar

et l'oiseau colibri.

 

Tes rêves Francisco sont de cascades pures

et de femmes accouchant d'enfants au teint de fruit.

Les hommes vigoureux, demeurent, sans partir.

Reviennent  au pays

parlent comme leurs pères

Filent des jours heureux et des toiles de laine.

Francisco Toledo a des rêves de simple

et sous le drap son corps

de plus en plus léger

s'envole vers ces ciels nueux de lourdes pluies,

pour l'union de Tlaloc à la déesse mère.

 

 

Pluiemexicaine

 

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Published by pluiemexicaine
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