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20 janvier 2012 5 20 /01 /janvier /2012 20:24

 rogelioguedea[1] 

Rogelio Guedea ou Harmodio, deux brillants écrivains de la jeune génération pour qui twitter est un formidable véhicule.

 

Le matin après une nuit de travail quand j’émerge vers 9 h c’est le moment ou Rogelio Guedea en ébulition avant d’ aller dormir en lointaine Zélande où il enseigne, frémit de mots. « J’arrive à Cane. Je le sais les amis espagnols de l’autre coté du monde se réveillent. Mais je ne crois pas que Cane me lise parce que je ne le pousse pas au ravissement. » « Mais je le fais à propos pour voir si l‘œil de la nuit est en alerte ». Il partage son écoute :« Et puis la voix. Celle-ci. Celle de Liz Fraser. A l’intérieur comme une malle cyclonique, collée à un os, à un autre. Et la musique? » « Je ne vais pas tout répéter de la voix. Rien de tel. Mais elle est si intense. Quelque chose dit, comme ça. Tout le monde devrait chanter avec elle. Quelque chose changerait. »

Sa rêverie dérive sur le bonheur et le rythme :  « Rencontrer le rythme, voilà le bonheur. »

Les fins de nuits de Rogelia dérivent et nous emportent à la dérive dans un état second, un monde intérieur. Dont la distance, le savoir de l’heure, renforce la magie.

Plus intime, plus profond, pas donneur de leçons, je le goûte bien plus que les mantras pseudopsy de Jodorowski, que j’ai cessé de lire après un bref essai, gavée. Pas magique du tout. Sentant le faux.

La poésie, "il faut lui poser des questions comme les enfants à leurs parents" écrit Guedea un autre matin. La poésie, l’écriture, si elle ne met dans cet état très spécifique, d’après l’amour, du premier sommeil, des nuits saturées de fête ou de fatigue, ça ne vaut pas.

Rogelio Guedea me fait cet effet là.

Son premier roman Conduire un semi-remorque, paru chez Random House Mondadori, à Mexico, est peut-être en cours de traduction. Pour le plaisir des francophones. La poésie qui colle à l’auteur (en 2008 il reçoit le prix Adonaïs) y naît du réalisme et de l‘existence d‘Abel Corona le héros. Et de la justesse. Mais la mouvance du rêve, de la fuite, de l’entre-deux l‘imprègnent totalement.

Sur son blog on peut lire des textes courts, articles, dans tous les genres (essai, poésie, journal, nouvelle…) Quelques traductions sur son blog.

http://www.rogelioguedea.com/articulos/al/vuelos/nous-ne-sommes-pas-tous-comme-vous-

Je conseille vivement la lecture de cet écrivain.

artag2011 etc 081

  Jorge Harmodio

Dans l’après midi parfois le soir c’est l’heure de la fulgurance Harmodio. Tweets jeux de mots, alburéens, paronymatiques, entre le physiologique, le linguistique et la transcendance. L’énigme résolue, l’acuité vous laisse pantois.

Rabelais n’aurait pas détesté. Ni les grands Rhétoriqueurs.

L’auteur du roman de désamour envahi de souris Musofobia, y utilise twitter dans le corps de son œuvre, comme un langage inhérent au réel. Son site www.malversando.com donne la liste de ses productions et le blog www.malversando.wordpress.com permet de les lire. En espagnol.

On le comprendra, l’oiseau, très versé dans de nombreux domaines, pratique le détournement. Autant dire que la distance dont il fait preuve n’est pas géographique mais ironique et ludique. Il en naît des aphorismes époustouflants."Ici pur fragment de morceau"

"un atelier de noce de papier" L'original sonne plus musical :"taller de papirogamia" ou "buhoardilla"="mansarde".

"Moi seul sent le présent".

Sous le poète l'homme militant raccordé au monde : "tout poète cache un marchand d'armes"

Le genre aphorique/euphorique n’est donc pas mort. Bien au contraire twitter lui donne des ailes. Le rend péchu, accessible, volatile, gazeux.

Qui prétendait que la toile avalerait l’écriture, n’en connaissait pas la force de résurgence.

Ces deux écrivains mexicains assurent la relève. Ils n’écrivent pas comme le Fuentes d’aujourd’hui, pour l’Europe acheteuse. Ils écrivent comme l’ont toujours fait leurs prédécesseurs, (et Fuentes avant) d’abord pour eux-mêmes. Twitter ou le papier n’étant que des bouteilles à la mer.

D’un océan à l’autre elles voguent juste aujourd’hui un peu plus vite.

 

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Published by pluiemexicaine
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