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6 septembre 2012 4 06 /09 /septembre /2012 07:35

L’Institut Fédéral Électoral (IFE) et le Tribunal Electoral du Pouvoir Judiciaire de la Fédération (TEPJF) n’existent pas seulement pour garantir la légalité des processus électoraux mais principalement pour assurer la légitimité et constitutionalité.

Dans les années 90 ils ont été créés en réponse à la grave crise politique de l’époque. Bien que Carlos Salinas de Gortari ait considéré le IFE et le Tribunal Fédéral Electoral (TRIFE, ancêtre direct du TEPJF) comme vils détracteurs de la protestation sociale, il y eu, vraiment un âge d’or entre 1996 et 2003, quand quelques conseillers et magistrats réussirent à minimiser ce péché originel et à écouter vraiment les citoyens.

Aujourd’hui au contraire, ces institutions agissent dans une intention contraire à la société.

 

Le discrédit a commencé en 2003 avec l’exclusion totale des forces de gauche par l’imposition de Santiago Creel pourtant premier ministre de Vicente Fox et Elba Esther Gordillo coordinatrice du groupe parlementaire du PRI à la chambre. Nouvelles éminences grises électorales sans grandes connaissances en la matière.

La tendance se renforça en 2006 quand le IFE comme le TEPJF se rendirent complices des illégalités commises par Felipe Calderon et Vicente Fox et refusèrent d’accéder à la demande citoyenne d’éclaircir les résultats par un recomptage total du vote.

 

En 2012,ce cycle d’opprobre se referme et se couronne. La semaine passée les magistrats du TEPJF non seulement ont avalisé une élection à tout point de vue anticonstitutionnelle, mais ils ont salué d’une standing ovation, abjecte, cet exercice supposé « exemplaire » où « avait été respectés les principes constitutionnels qui devait régner sur toute élection de caractère démocratique ». Toute pudeur révolue.

L’irresponsabilité de 2006 a été remplacée par un déplorable cynisme qui plonge les institutions éléctorales dans un discrédit encore pire.

 

En 2006 le TEPJF valida l’élection présidentielle en fléchissant les genoux et reconnut par des arguments franchement risibles ce qui concernait la possible « influence » ou « importance » des irrégularités commises. Pourtant les magistrats prirent alors quelques mesures et au moins firent semblant de travailler.

 Par exemple, si on envisagea pas de prendre au sérieux l’annulation possible de l’élection, bien qu’un article de loi en considère expressément la possibilité, en revanche ils profitèrent du décret de validation de l’élection pour indiquer en toute lettres qu’il y avait bien eu des violations graves à la Constitution. Ils ont reconnu entre autre que l’excessif champion du Président Vicente Fox pendant la campagne «  avait mis en péril la validité de l’élection présidentielle. »

 

Mais aujourd’hui la honte est totale.

Car il existe désormais pour la première fois un recours formel pour réfuter la totalité de l’élection présidentielle devant le TEPJF. Les magistrats ont été plus indolents qu’en 2006. Depuis qu’ils se croient siéger à l’Olympe, avenue Carlota Armero, à peine ont ils levé le nez de leurs bureaux pour rejeter un à un les arguments du Mouvement Progressiste comme si absolument personne n’avait signalé une irrégularité. De plus, ils n’ont utilisé aucun des moyens à leur disposition pour amener des preuves supplémentaires.

 Au contraire, ils ont avalisé sans s’interroger, tous les points de vue du PRI et d’Enrique Peña Neto : « Rien ne prouve l’existence de recouvrement illégal ou de financement parallèle destiné à l’achat de voix et votes contraints, maintenant que les opérations au moyen de cartes bancaires de prépaiement ont comme destinataires des délégués et représentants du Parti Révolutionnaire Institutionnel et que l’on peut enfin les rétribuer comme services rendus au dit Institut Politique. » Indique le jugement de validité approuvée vendredi.

 

Six mois avant que l’antenne fiscale du IFE ait émis son jugement, les magistrats en étaient arrivés à des conclusions anticipées, sur l’origine des fonds de campagne de Peña Nieto. Nous devrions attendre jusqu’en février 2013 pour tenir digne de foi l’information sur la fiscalisation des campagnes.

 

Avec cela et une infinité d’affaires semblables, il reste évident que le TEPJF ne se limite pas à défaire les preuves de Lopez Obrador mais s’adjuge pour tâche de défendre le PRI. Le double standard est évident. Bien qu’une des parties doivent faire toute l’évidence pour prouver ses dires, les affirmations de l’autre sont prises automatiquement pour vérité incontestable.

 

L’éminent juriste Netzaï Sandoval dans son dernier livre avait anticipé le scénario actuel :  « Le gagnant sera, très probablement le parti le plus cynique, qui élaborera une stratégie pour frauder la volonté populaire. Et le Tribunal Electoral lui lèvera le bras. » Ricardo Monreal a raison : « Si nous continuons ainsi, en 2018, il y aura gros à parier que la Loterie Nationale  annoncera que le IFE et le TEPJF organisent un processus électoral aux enchères publiques pour décider qui sera le prochain président de la République. »

 

Blog de Johnackerman.blogspot.com lien ci-dessous 

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Twitter @JohnMAckerman

article paru dans la Jornada: El tribunal de la ignominia

têtes journalistiques menacées sur les menaces à l'égard des journalistes mexicains engagés pour l'annulation Ackerman, Aristegui, Lydia Cacho (dans ce blog)

 

 

 

 

 

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Published by pluiemexicaine
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