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6 novembre 2012 2 06 /11 /novembre /2012 11:05

 

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C'est la troisième fois que je rencontre Mayahuel. Avec une certitude agréable : Cette association sait transmettre sa culture en douceur et en couleurs.

Née de couples d'amis franco-mexicains installés sur Rhône Alpes, l'association se donne pour but de transmettre à ses propres enfants d'abord les temps forts de la culture mexicaine.Et de l'étendre à d'autres familles.

Chaque manifestation ponctue un moment de la vie du pays, "cri de l'indépendance", "jour des morts". Là depuis trois jours  à la salle communale de Ste Foy les Lyon, très accessible par les transports en communs depuis Lyon, des ateliers vrombissaient d'enfants, et de visiteurs. On y apprenait à confectionner le pain des morts, à décorer de petites calaveritas (crânes) en sucre, avec des poches sucre aux colorants alimentaires, à découper le fameux papier de soie plissé dont  les guirlandes flottent dans les églises, les rues, les salles mexicaines. Un art qui se retrouve (plus dru peut-être) en Pologne. Et aussi confectionner des fleurs en papier pour décorer l'autel.

Chaque atelier est animé par une mexicaine qui explique et assiste au plaisir des participants. Au top les mêmes iront revêtir leurs superbes (et lourds) costumes régionaux, auxquels elles sauront donner toute leur légèreté.

Pendant ce temps les pères-français- s'occuperont de leurs propres enfants. En racontant pudiquement tout le bienfait qu'ils ont trouvé en rencontrant Le Mexique à travers leur épouse mexicaine. Sens de la famille, chaleur des fêtes, passion -une qualité qui manque ici?-et même le sens de la palabre, des disputes pour le plaisir, qui se finissent dans un verre. Autre vision des rapports humains, et donc autre vie.

Animateur, architecte, informaticiens, tous sont unanimes :leur vie a pris en couleur depuis cette rencontre.

Comme si le Mexique révélait  à des hommes et des femmes, une sensibilité spécifique endormie en eux.

Déjà il s'agit de personnes suffisamment ouvertes pour voyager hors de l'hexagone ou disponibles à l'altérité enrichissante.

Rien à voir avec les inombrables replis communautaires dont souffrent beaucoup d'européens aujourdhui.

L'animateur patenté Marshall a vécu 22 ans au Mexique et présente avec une émotion non déguisée la tradition de l'autel des morts.

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La "piste d'atterrissage" c'est le chemin de pétales de fleurs, Roses d'Inde, qu'on ne trouve plus en France en cettte saison et qu'on reconstitue en papier de soie. Sur la première marche le verre d'eau et morceau de pain, propre à restaurer les âmes fatiguées. Les portraits ajoutés par chacun. A ste Foy, Carlos Fuentes écrivain mexicain majeur mort dans l'année. Mais aussi Rivera et Frida Kalho. Mais dans les familles ce sont les proches. Les bougies de couleur différentes selon l'âge et le statut du mort. Et les offrandes de nourriture, d'e Tequila ou Mezcal, et d'objets rapppelant ce qu'ils aimaient. Devant l'autel surmonté de symboles catholiques Vierge de Guadallupe "patronne du Mexique" et Croix apportée par les espagnols. Car si cette religion a récupéré la coutume, celle ci l'a précédée. Peut-être aussi apportée par les marins chinois qui ont découvert la region de Michoacan en 1421. Et ont transmis aussi l'art de la laque. Ils connaissaient l'autel des ancêtres.

Les guirlandes aérées laissent virvolter les âmes. Toujours ce souci du passage d'un monde invisible au monde matériel. Une croyance ancestrale que s'est empresssé de niveler le rationalisme.

Beaucoup de familles de Ste Foy, simples curieux viendront se joindre à cette fête étonnante. Dans ma famille où l'on chante sur les tombes, cette célébration ne détonnerait pas. Mes mexicains là-bas n'ont pas dérogé à la tradition. Ici aussi une jeune chanteuse évoque le deuil d'une mère et David étudiant en commerce internationnal vient expliquer l'origine de cette chanson écrite pour une chanteuse qui avait vécu un tel drame. Cela apporte un bien être rassurant dans la froidure de Toussaint qui règne déjà sur le Lyonnais. Sans le côté commercial ni effrayant d'Halloween.

 

 

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Ici tout continue en danses, farandoles et quadrilles. Marshall présentera avec émotion sa petite fille en robe bleue à ruban, la relève de Mayahuel. La chorégraphe discrète vient néanmoins légitimement figurer sur la photo de famille.

Comme rien ne se termine sans partage de nourriture au Mexique, la fête s'achève dans une dégustation gratuite de chocolat chaud, Téquila et pain des morts saupoudré de sucre.

Des familles franco Mexicaines comme celle de Victor sont venues de Loin. Le Puy en Velay, une ville où ce technicien est  le seul mexicain. Son physique  fait qu'on le confond parfois avec des travailleurs méditerranéens et qu'il peut s'en suivre des malaises. Mais cet homme doux, père de trois enfants analyse très subtilement les complexités relationnelles. Il estime aussi que la famille doit relayer l'école peut habituée aux enfants bilingues nés de deux cultures.

Ainsi Mayahuel relie, regroupe et donne à la fête un sens très familial. Paciifique et ouvert.

Aux élus présents on pourrait suggérer un échange avec une ville mexicaine, et pourquoi pas un jumelage?

 

On ne peut en tout cas que remercier ces énergiques familles de faire fleurir là où elles sont leurs chatoyantes racines

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Published by pluiemexicaine
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