Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
12 juin 2011 7 12 /06 /juin /2011 22:00

  des noms pas des chiffres

 

Morts nommés

Et Morts sans noms

Claquez au vent de la mémoire

A un océan de votre indigne mort.

Injustement fauchés dans vos vies ordinaires

Pareilles à la vie du monde des vivants

Dignes de cette terre, dignes d’aimer,

De naître, de vivre protégés par la tribu humaine

Vous flottez devant nous

Qui recueillons vos noms

Nous sommes recueillis

Devant vos vies réelles

Et non devant des chiffres

Ou des listes de noms

 

Morts du Mexique

Ou Morts d’ailleurs

Qui aviez cru pouvoir aller

Sur cette terre

Comme vont les nantis

Armés de passeports

Comme devraient aller les hommes nés des hommes

Le seul nom d’homme est un laissez-passer.

 

Morts du Mexique

Morts du jour

Chaque semaine

Chaque mois

De chaque jour

depuis

4 ans.

 

Morts trop vivants

Pour des familles qui espèrent

Une lettre un retour

Une porte qui s’ouvre

Leur disant «Me voilà!»

 

Morts insensées car privé d’eux

N’a pas de sens

O morts de l’aube à l’aube

Sans répit ni repos

Entreprise de mort

Systématique SS

Industrie nourrissant

Le capital

Des traîtres à l’Humaine Patrie

 

Morts de parade pour paras sordides

Morts qui passaient, mêlés à une guerre d’autres,

Morts faits pour effrayer

Le moindre des vivants

Quand vous les rassuriez

Juste en les regardant

 

O nos morts à chacun qui furent notre peau

 

Mort Mexicains privés de Vivre le Mexique

Et mutilés par un noyau de traîtres

A ce qu’est le Mexique

 

Morts nous vous nommerons

Un à Un. Une à Une.

Ne mourrez pas deux fois au vent de la mémoire

Car nous vous scellerons dans le sable des places

La pierre des colonnes et le marbre des mots.

 

Et pour chacun des vôtres au bord du désespoir

Nous serons près de lui, près d’elle, écoutant

Votre histoire de vie si simplement humaine!

Nous serons de partout

Inlassables, pugnaces, intrépides

Certains diront bien téméraires mais

Nous serons là,

Nos corps écrivant vos histoires

Mettant votre parole en musique et en fleurs

Notre cri murmuré ira jusqu’aux étoiles

Et par les océans sera porté jusqu’à

Ce que les dirigeants assourdis par nos dires

Ne le supportent plus de vous entendre dire

Jusqu’à ce que ce bruis dans les murs de leurs fiefs

Devienne assourdissant

Et finisse conscient.

 

Mères de Mai, Pères de Paix

Sœurs et frères de tendresse,

Nous sommes là à vos côtés

Vivants parmi vos morts

Vivants parmi nos morts

Jusqu’à satiété de tous nos gouvernants

Jusqu’à ce que le bruit du vide que vous fîtes

Ecrase les puissants qui n’en pourront plus vivre

Ecrase les puissants au cœur gonflé d’orgueil

Et vaine vanité

 

Qu’à votre bruit sans fin

Ils regardent vers vous

Avec humanité et respect qu’ils vous doivent

Qu’ils regardent vos noms

Sur les enveloppes vides,

Les sols où ils iront,

Les plats qu’ils mangeront

Et Le vin qu’ils boiront

Que leur sommeil peuplé de rêves bon vivants

Devienne un panthéon des êtres confiés

Qu’ils n’ont su protéger comme ils devaient le faire.

Comme ils étaient payés pour le faire!

 

Qu’ils regardent ces noms qui pèsent sur leur tête

Et par nous leur demandent

Un répit pour le monde.

Un frein à leurs délires

Une Paix véritable

Une Justice juste

Une Digne Patrie

 

Morts si nombreux

Qui pouvez engloutir

Par nos voix

Les puissants de ce monde

Et qui leur rappelez

Qu’ils ne sont rien sans vous!

Vous flottez dans nos mains

Au vent de la mémoire

Comme des papillons

Qui là-bas vont ce soir

Déclencher des tornades

Et balayer les cœurs.

 

Morts vous êtes nos cœurs vivants et notre chair

O morts réveillez-nous!

 

 

Paris 8 Mai /10 juin  2011

 

 

078 

 

 

 

 

 

 

 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by pluiemexicaine
commenter cet article

commentaires

joelle.colomar.over-blog.com 15/08/2011 08:24


Quelle puissance, quelle révolte, quelle vérité dans ton poème ! S'il pouvait être lu par le plus grand nombre, cela reveillerait au moins les vivants ! Bravo et merci. Joëlle