Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
12 janvier 2012 4 12 /01 /janvier /2012 13:47

Le Mouvement Pour la Paix dans la Justice et la Dignité est reconnu et écouté par les instances internationales.

Ci-dessous la traduction de sa communication devant la Commission Internationale des Droits de l'Hommes à Washington. Lors de l'Audience sur la sécurité des personnes et des citoyens au Mexique.

Si tout est important et très clair dans ce récapitulatif, ceux qui ont suivi ses actions se porteront particulièrement sur les mesures très concrètes et fondamentales exigées à la fin.

 

Washington D.C, 27 octobre 2011

 

Le Mouvement pour la Paix par la Justice et la Dignité (MPJD) est né il y a seulement 7 mois le 28 Mars 2011, suite à l'assassinat de Juan Francisco Sicilia, fils du poète Javier sicilia à Temixco, Morelos. Cet acte a été un point de départ pour beaucoup de mexicains qui avaient expérimenté des niveaux de violence sans précédent pendant les 5 dernières années. Plus de 50 000 morts et 10 000 disparus. L' indignation devant cette violence généralisée s'est cristallisée dans le MPJD. Mouvement national de victimes et de citoyens déterminés à obtenir la Paix dans la Justice et la Dignité. Les membres du MPJD croient que la situation des violations systématiques des droits humains et l'impunité généralisée dont se moquent ses auteurs devient une véritable urgence nationale.

 

1-Les actions du MPJD

2-Présentation du contexte de sécurité des citoyens au Mexique

3-Les droits des Victimes et obligations de l'Etat mexicain face au Système Interamericain

4- Récapitulatif des demandes du MPJD à l'Etat Mexicain

5-Présentation de cas exemplaires de violation des Droits de l'homme instruits par le mouvement et auquel il donne suite

 

 

Actions du MPJD

 

A-Le MPJD en accord avec le Pacte National du 8 Mai 2011 qui consiste en 6 exigences à l'Etat, a présenté celles-ci au Président Calderon le 23 juin. Une seconde réunion avec le Président de la Républiique aeu lieu le 14 Octobre. Peu de progrès ont été réalisés pour satisfaire à ces exigences.

  1) Instruire et publier le nom des victimes d'homicide et de disparition

  2) Mettre fin à la stratégie de guerre et la remplacer par une stratégie de sécurité citoyenne

  3) Combattre la corruption et l'impunité

  4) Identifier les racines économiques de la violence

  5) Porter attention à l'urgence des situations de la jeunesse et à la déterioration du tissu social du pays

  6) Etablir la démocratie participative

 

B- Le MPJD a réalisé des caravanes nationales vers le nord en Juin 2011 et une autre vers le sud en septembre. Dans le but de connaître l'état de la violence à travers le pays et de faire connaissance avec les victimes.

Ces caravanes de 400 à 600 personnes voyageant ensemble en bus pendant environ une semaine pour 15 villes au Nord comme au Sud.  L'objectif des caravanes a été d'aller à la rencontre de toutes et tous les mexicains engagés à stopper le massacre contre la population civile, de créer un espace de partage des témoignages pour les victimes, d'instruire leur cas pour pouvoir exiger de l'Etat Mexicain qu'il leur rende la justice (niée jusque-là). Et qu'il commence à réparer le dommage des familles qui ont souffert de cette violence généralisée.

Le MPJD tire sa force de ce que ses membres sont essentiellement des victimes qui se sont unies pour une cause commune : La Paix dans la Justice et la Dignité.

 

Dans chaque caravane ont été instruit des cas de violation des Droits Humains.

La caravane du Nord a reçu les témoignages de 291 violations au total.

81% d'entre elles depuis juin 2007. 53% sont des disparitions ou séquestres et 45% des homicides. Dans la majorité des cas 67% les victimes ne savent pas qui en est l'auteur. Dans 21% des cas pourtant les victimes pensent que le responsable est l'armée (13%) ou la police (8%). Les victimes pensent que le crime organisé est responsable de 4% de ces violations.

La caravane Sud a enregistré 221 cas. 52,5% de disparitions forcées et 13% d'homicides. (Plus d'informations sur cette caravane sont encore en cours d'analyse).

 

 

 Situation de la Sécurité des citoyens au Mexique

 

Selon le MPJD pour comprendre la situation d'insécurité au Mexique, il est nécessaire de comprendre la violence et la marginalisation structurelle depuis la population mexicaine. Cette situation liée à la stratégie sécuritaire et aux politiques de militarisation du gouvernement mexicain a élevé les niveaux de violence affectant principalement les secteurs les plus vulnérables de la société mexicaine. En fonction de quoi le MPJD propose une approche liant sécurité citoyenne et sécurité humaine. Cette approche pourrait protéger les citoyens en même temps que respecter les droits de l'homme, reconstruisant le tissu social et combattant la corruption et l'impunité de l'Etat mexicain.

Pour la Sécurité Publique, le MPJD estime que 3 thèmes sont liés:

       1° La destruction du tissu social touchant de nombreux secteurs et particulièrement les jeunes, souffrant du          crime organisé.

       2° La startegie officielle du gouvernement pour neutraliser le crime organisé est focalisée sur la seule réponse militaire et policière. Cette approche viole et menace le contenu essentiel des droits et libertés fondamentaux des mexicains.

       3° L'impunité et la corruption des institutions gouvernementales et de beaucoup d'acteurs politiques. Dans de nombreux lieux ou a été implantée la stratégie sécuritaire du gouvernement fédéral on note un accroissement de la violence et de l'insécurité citoyenne. Ce qui a abouti a d'alarmantes situations d'urgence pour la population mexicaine, spécialement pour des adolescents, enfants, femmes, migrants, et populations des communautés indigènes.

 

Devant ces faits le MPJD propose de changer l'actuelle "stratégie sécuritaire" en Stratégie de sécurité humaine et citoyenne. Cette stratégie holistique représente un moyen non seulement d'arrêter la violence mais d'identifier les conditions  économiques, sociales et politiques sous-jacentes qui la produisent. La propoisition de Loi Sur la sécurité Nationale actuellement en discussion agraverait les problèmes mentionnés ci-dessus en alimentant l'impunité et en renforçant encore la militarisation.

 

Le Coût de la politique de Sécurité nationale contre le crime organisé : disparitions et déplacements forcés

 Les disparitions forcées du fait du crime organisé et de l'Etat sont un problème croisssant et alarmant sur tout le territoire national et particulièrement dans le nord.

En réponse est né le FUUNDEM (Forces unies pour nos disparus au Mexique) et en juillet 300 familles de disparus se sont réunis avec le premier Ministre pour faire part de leurs requêtes.

Le FUUNDEM a instruit des cas de disparitions forcées de la part de la Marine et de la Flotte, de l'armée mexicaine, et des forces de police de tous les niveaux.

 

Les déplacements forcés autant individuels que de masse ont été rendus invisbles par l'Etat comme par les médias. Bien qu'il y ait peu de statistiques fiables sur ce phénomènes, l'évidence concrète montre que des mexicains et des mexicaines ont abandonné leurs foyers à cause de la violence qu'ils ont rencontrée. Par exemple le recensement  national de 2010 indique, dans les états de Tamaulipas et Chihuahua presque 400 000 foyers abandonnés.

3 communnautés indigènes, Ostula, Cheran (Michoacan) et une communauté de la Côte montagneuse de Guerreroont organisé leur propre formes de sécurité communautaire, à cause de la violence du crime organisé et de l'incapacité de l'Etat à les protéger.

 

Les droits de la victime et une réparation adaptée du dommage

 

L'Etat devrait agir pour protéger la sécurité des victimes, de leurs familles et des témoins. En particulier pour les victimes de violence, la réglementation internationale veut que l'Etat protège ceux qui ont besoin d'une attention particulière pour que le système judiciaire ne les victimise pas davantage.

Le MPJD  tire sa définition du mot "Victime"de la déclaration des principes fondamentaux de justice pour les victimes de crimes et d'abus de pouvoir des Nations Unies.

      "On entend par victimes les personnes qui individuellement ou collectivement ont subi des dommages y compris blessures physiques et morales, souffrances émotionnelles, perte financière, diminution substancielle de leurs ressources vitales, suite à des actes ou manquements qui violent la législation pénale en vigueur dans les états membres y compris celles qui proscrivent l'abus de pouvoir."

       "Pourra se considérer comme victime une personne selon cette déclaration, indépendamment de l'identificatiion, appréhension jugement et condamnation de son auteur, et indépendamment des liens de famille entre l'auteur et cette victime. L'expression victime inclut outre elle-même, sa famille et personnes à charge ayant une relation directe avec elle  et les personnes qui ont souffert des dommages en l'assistant et en lui évitant la victimisation.

 

selon les réformes de 1993 et 2000 Article 20 de la Constitution mexicaine le droit des victimes a été élevé au rang des garanties constitutionnelles.

 

Le MPJD pense que l'Etat n'a pas accompli toutes ses obligations à faire respecter les droits (art 1) et a violé les suivants: Droit de la personne juridique (Art 3 CADH) Droit à la vie (Art 4 CADH) Droit  à un traitement humain (Art 5 CADH) Droit à la vie privée (Art 11) et droit à bénéficier d'une protection judiciaire (Art 25 CADH).

En grande majorité dans les cas enregistrés par le MPJD les victimes rapportent que les autorités auxquelles elles se sont plaintes pour violation n'en ont pas fait cas. Et que ce sont les victimes elles-mêmes qui ont enquêté et prouvé les faits. Ce qui entraîne des frais très importants. Dans cette recherche les victimes, leurs familles et défenseurs encourent de gros risquqes.

 

L'Etat devrait conformément à ses obligations internes en matière de Droits Humains garantir le droit de toutes les personnes sous sa juridiction, ce qui inclut empêcher que se commettent des violations aux Droits de l'Homme et enquêter et punir les responsables de tels actes. L'Etat devrait mettre fin à la stratégie de guerre et la remplacer par une stratégie de sécurité citoyenne.

 

Spécialement le MPJD demande à l'Etat mexicain

 

- De réagir immédiatement auaas cas de disparitions forcées. Pour developper la capacité institutionnelle, pour la maintenir, on doit adopter plusieurs moyens :

    1) Création d'une agence spécialisée pour la disparition des personnes

    2) développement des protocoles d'enquête pour le suivi des cas de disparitions forcées

    3) Un changement de la jurisprudence mexicaine pour classer la disparition en crime reconnu tant devant les lois estatales qu'au niveau féderal. Avec cette loi les autorités ne doivent pas attendre 72heures pour ouvrir les recherches : c'est trop tard!

    4) L'adoption des recommandations préliminaires du groupe de travail de L'ONU sur les disparitions forcées

    5) On doit créer un programme national d'attention aux familles des disparus qui soit basé sur 4 droits fondamentaux : Santé, éducation, résidence et travail.

 

     Pour approuver les lois et réformes judiciaires qui améliorent la capacité de l'Etat pour répondre à la violence et la prévenir :

     1) Le Procureur Général de la République doit reprendre les cas qui n'ont pas avancé dans les systèmes de justice des états et le Procureur doit être autonome et indépendant

      2) Il doit approuver une loi d'Attention aux Victimes en lien avec la Société Civile et en développant le droit des victimes. Et il est du devoir de ces responsables d'assurer l'accomplissement de tels droits.

      3) On doit développer après consultation avec la Société Civile, une loi orientée vers la Sécurité Humaine.

 

Pour le texte en espagnol et en anglais aller à ce lien site du MPJD :

link

http://movimientoporlapaz.mx/2011/10/27audiencia-de-seguridad-ciudadana-y-derechos-humanos-en-mexico-ante-la-cidh/

Partager cet article

Repost 0
Published by pluiemexicaine
commenter cet article

commentaires