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6 mars 2011 7 06 /03 /mars /2011 23:00

 

 mexiglesia (16)

 

- Guillermo, le père de Frida Kalho avait été chargé de répertorier et photographier

toutes les églises mexicaines. Et moi quand la foule devient trop prégnante, je vais me concentrer dans les églises. 

Voilà ce que m'a dit mon fils qui ressemble tant (mais c'est une autre histoire!) au père de Frida.

Les églises ne manquent pas sur le territoire mexicain. Et donc les lieux de repit, frais au corps, agréables à l'oeil, quelquefois à l'oreille avec des orgues tous plus étonnants les uns que les autres.

C'est aussi un lieu de mélange social très fort.

Croyants qui sont là pour prier, incroyants qui se reposent, touristes en free-lands ou en groupe.

Tous les âges aussi. La grand mère, l'étudiant et le bébé au sein. Pauvres, riches, bien ou mal bâtis. Avec parfois des personnages étranges pieds nus ou comme illuminés. Comme on les appelle en Provence, des "Ravis". Plus tout à fait là.

Colorée, variée, l'église offre un nombre de stimuli considérable. 

 

Mais à Medio dia dans les églises mexicaines, à l'heure où les familles déjeunent se retrouvent au restaurant ou à la taqueria, affluent les femmes seules.

Devant les Christ souffrants, déchirés, comme elles, elles déposent leur coeur, laissent couler leurs larmes et le poids des jours.

J'en ai vu beaucoup, ai parlé avec beaucoup. Quelquefois juste un petit mot. Ou des histoires de vie les plus noires.

Cette veuve harcelée par ses voisins depuis la mort de son mari, qui lui n'a pas résisté. Les menaces, la hantise de devoir quitter sous la pression sa maison. Pour aller où?

Cette femme qui a perdu mari et fils à quelques semaines d'intervalle. Dont les enfants sont partis aux Etats Unis et qui n'a plus de nouvelles. Dont la fille est dépressive...

L'église fait office de divan, (les repose-genoux recouverts de cuir rouge souvent moins durs qu'ailleurs). Comme les curés restent peu visibles et qu'il ne viendrait pas à l'idée de ces femmes de consulter un psychanaliste, (d'ailleurs ce serait hors de moyens pour la plupart!), elles passent là un bon moment.

C'est un havre. Une bulle. Et qui sait si les mots qu'elles adressent ne font pas effet, sinon pour leurs affaires, du moins pour les mécanismes cellulaires qu'ils déclenchent. Voire pour d'autres, comme une onde musicale, dont on ne sait où ni pour qui elle agit.

Et puis elle s'en retournent à leur monde. Leur tâche accomplie.

 

 

 mexbest (719)

                                                             mexbest (738)

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Published by pluiemexicaine
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