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12 mars 2011 6 12 /03 /mars /2011 23:00

mexbest (575)

 

   -Au Parian vous allez trouver un rebozo, m'a dit la jeune fille.Toujours sous la pluie     battante et froide, je me rends dans ce royaume de l'objet manufacturé.

Bestiaire d'onyx, pulls d'alpaga (made in Perou!) faïence de Puebla...

Ce que je cherche c'est un rebozo en pur coton pour le bébé à venir.

C'est un homme qui me présente son stock.

 -La maman est grande? le papa aussi! Celui-ci est plus long que d'habitude et plus large.

Minutieux il déplie, étale, replie. Me fait palper le travail. Solide. J'hésite.

J'aime ces rebozos gris soyeux comme en porte une jeune femme dans mon article Artisanat Otomi. J'en ai vu un au Musée des cultures populaires de Coyoacan. Un peu cher. 

- Un bon rebozo bien tissé doit glisser tout entier dans un rond de serviette, m'a dit Carlos le maçon.

- Ma grand-mère en avait un pour tous les jours et un gris pour la messe.

Qualité du tissage, du coton. J'opte pour un traditionnel écru, frangé,bordé d'un motif aux tons roux. Lavable.

Le vendeur me dit que les pluies resteront fortes jusqu'au dimanche. Qu'il vaut mieux ne pas allez en direction du Popocatepelt. Qu'il est dangereux de marcher seule.

Est-ce que je veux un sac? Papier ou Plastique? Papier j'ai ma mochila.

Il parle écologie, préservation du paysage, sacs plastiques abandonnés à l'orée des forêts et des champs. Quelquefois par les cultivateurs. J'ai pu le constater dans les magnifiques montagnes au-dessus de Toluca. Mon fils m'a parlé d'une promenade nettoyage avec Carlos l'Ancien l'an dernier. Les étudiants effrayés par l'asphyxie qui menace la terre, sont très sensibles à cette question. Je pense à Patrick de la Revue lyonnaise Silence. Là, dans cette boutique mexicaine j'aborde les idées qui lui sont chères. Qui me semblent universelles. Le vendeur loin d'un intégriste surexcité de religion nouvelle, expose comme lui ses idées avec calme et pertinence.

La pluie qui joue du xylo sur l'auvent n'incite pas à partir, favorise l'échange.

Tant pis si je ne fais pas toutes les boutiques, la satiété de trop d'objets me gagne vite en général.

Et puis cette possibilité de rencontres où que l'on soit dans le monde, me met toujours en joie. Peut-être faut il un peu flaner, comme Walter Benjamin, pour en permettre l'éclore?

Hier c'était George l'orthodontiste, Guillermo la graveur, Maria la bibliothécaire. Ce matin c'est Monsieur Rebozo.

Il me parle aussi du Centre artisanal d'art où des associations présentent le travail de prisonniers. Et où je parlerai longuement des conditions de vies dans les prisons mexicaines. Devant de dérisoires créations. Dérisoires et pourtant  indispensablle à la survie quotidienne des enfermés. J'y verrais aussi un vieil homme qui crochète des vêtements arachnéens en filet de fil coloré. Et surtout Yolanda à qui son grand père a transmis l'art des angelots une tradition familiale séculaire. Son aîné, de quatorze ans, un peu différent, près d'elle, parce qu'il ne peut pas s'en éloigner. Les yeux des angelots sont ceux de Yolanda posés sur le bébé qu'elle nourrit sous un rebozo gris transmis par sa grand-mère.

Ces yeux noirs dont Elena Poniatowska fait dire à Diego Rivera qu'ils synthétisent toutes les couleurs. Yeux noirs aimés des femmes aux yeux bleus.

angelot poblano

 

Cher Diego je t'embrasse, Quiela, d' Elena Poniatowska. chez Actes Sud.

Elena Poniatowska sera à Montpellier3 Paul Valéry le 17 mars 2011

au Colloque 3 écrivaines mexicaines.

Contact : Kbenmil@club.fr ou alba.lara.alengrin@univ-montp3.fr

 

 

 

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Published by pluiemexicaine
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