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24 avril 2011 7 24 /04 /avril /2011 23:14

Cet article publié samedi 23 avril 2011 dans la Jornada attribue la responsabilité du chaos mexicain à celui qui détient tous les rênes de la sécurité intérieure. Pour Enrique Calderon Alzati, docteur en informatique, beaucoup d'enjeux économiques et de pouvoir personnel vont rendre difficile au Mexique la sortie de ce "bourbier". L'appel de Javier Sicilia et des citoyens, s'il prend une ampleur considérable pourrait bien rectifier la donne. Mais si la réalisation en incombera à un autre sexenat elle est néanmoins vitale.

 

Responsabilité du chaos

 

Alors que le chiffre des morts augmente chaque jour, dans une spirale de violence qui semble être le seul héritage visible du gouvernement actuel, le mécontentement populaire devient évident, mêlant sentiment d’insécurité, lassitude et nécessité d’échapper à l’enfer qu’est devenu notre pays. Maintenant ce ne sont pas seulement Ciudad Juarez le point de mire des angoisses et des préoccupations, ni Sinaloa principale scène d’actions du crime organisé. Non, l’insécurité et la violence se sont étendues à Monterrey, Acapulco, Morelia, Cuernavaca, Durango et Veracruz, et à des dizaines de villes et de villages supplémentaires, les transformant en de véritables organismes qui représentent peut-être plus de la moitié du territoire national. Depuis les Chiapas au sud et Quintana Roo à l’est, jusqu’à Tamaulipas à la frontière nord en passant par Zacatecas et les régions en état de siège, dans lesquelles pour vaquer à ses occupations quotidiennes il faut tenir compte des risques que chacune implique, en obligeant à contourner des zones géographiques déterminées et à éviter de sortir aux heures notoirement dangereuses.

La gravité du problème que vit le pays se retrouve dans les déclarations des fonctionnaires locaux incitant aux déplacements routiers seulement de jour parce que rien ou presque rien ne peut être fait pour contrer cela. Les spécialistes dans les bureaux du gouvernement fédéral inculquent cette logique à leurs employés, comme le seul moyen pour diminuer les risques inutiles. Une sorte de couvre feu négocié.

L’information se confirme à la lecture des journaux étrangers à qui les fonctionnaires étatsuniens déclarent leur préoccupation sur l’incapacité du gouvernement mexicain à maintenir sous contrôle des régions entières, devant l’avance des cartels du crime organisé et de la diversification de leurs actions qui maintenant incluent séquestres, extorsion, vente de protection aux commerçants, chefs d’entreprise et professionnels.

 

L’élément central de cette guerre contre un ennemi sans visage, est l’armement dont disposent ces groupes et les sources de financement qu’ils utilisent tanndis que les citoyens et entreprises sont soumis à des contrôles rigoureux et astreignants exercés par le biais du système bancaire lequel est supposé empêcher ou limiter aujourd’hui la réalisation d’opérations financières. La reconnaissance par des membres du gouvernement des USA que des ventes d’ armes à forte puissance, fabriquées aux USA, aux organisations criminelles, ont eu lieu avec l’aval de ce gouvernement, nous donne une vision des intérêt en jeu. Cela nous indique aussi le peu d’utilité des unités de garde-frontières dont l’existence est payée par les contribuables mexicains. De même l’inutilité du système financier, ou pire sa collusion avec le crime organisé devrait faire l’objet d’enquêtes transparentes, aux vues de la croissance économique, politique, et opérationnelles de ces groupes.

 

Maintenant notre pays est catalogué au niveau international, comme un lieu dont il vaut mieux se tenir à distance, un pays incapable d’assurer la sécurité des touristes, voyageurs et entrepreneurs des autres nations, un territoire de non droit et désordre où se commettent des crimes terrifiants, comme celui de San Fernando à Tamaulipas, contre des victimes totalement étrangères aux activités délictueuses et que seul leur statut de migrants rend vulnérable à des actes pareils. Pour tout cela le Mexique est réduit indéfectiblement à une réalité honteuse, dont nous sommes marqués pour longtemps devant des nations qui en d’autres temps voyaient en notre pays un exemple à suivre.

Face à cette réalité inoccultable le discours de Felipe Calderon et de ses collaborateurs, se fait offensif : étalant d’imaginaires triomphes et des victoires à la Pyrrhus, des échecs dus au manque d’aide et de compréhension des citoyens, le soit-disant refus des instances locales à ses vœux de collaboration, ou la dépréciation des victimes confondues avec des malfaiteurs sans prendre la peine d’enquêter pour savoir qui elles sont.

 

L’antipathie pour le gouvernement actuel n’est pas nouvelle. Pour beaucoup elle est née avec la désastreuse élection de 2006 et l’entrée au cabinet d’hommes dont l’honnêteté et l’engagement envers le pays et ses lois paraissait douteuse, pour ne dire que cela. Ensuite des années d’espérances déçues, de promesses non tenues, et le fait très clair que l’impunité et le manque de respect pour la justice et l’opinion publique faisaient partie de ce modus operating du président en poste comme réplique à ses prédécesseurs. Les possibilités de toute action contre le crime organisé étant vouées à l’échec. Cette lutte, comme toute lutte d’envergure nationale, requiert la présence d’un leadership fort, incorruptible, déterminé et sans appel : rien de cela n’a eu lieu les années passées et ni le président, ni ses collaborateurs ne l’entendent.

 

Le désastre auquel le pays a été conduit est aujourd’hui du domaine public, l’état de chaos attribuable uniquement à celui qui détient le contrôle total des mécanismes de sécurité, qu’ils s’était engagé à diriger pour le bien être de la nation. A cause de lui il devient impossible même de faire des projets pour améliorer l’éducation, l’économie, la compétitivité, les conditions de pauvreté ou la qualité des services publics. Avant de penser à tout cela nous devons d’abord nous sortir du bourbier où nous avons été mis. Mais cela ne pourra être réalisé par le gouvernement actuel parce que sa ligne de conduite est dénuée de sens.

 

Les possibilités de changement de cette nature sont malheureusement ausii maigres que nécessaires. Pour les groupes d’intérêt qui s’accaparent aujourd’hui le vide du pouvoir à leurs utilités, ceci ne serait pas acceptable, le sac du pays doit continuer avec la complicité des fonctionnaires actuels pendant encore quelques mois. Après quoi ils verront comment établir des alliances nouvelles qui leur permettent de continuer à s’engraisser dans le prochain sexenat.

 

Avant cette situation si difficile, l’appel de Javier sicilien et de différentes organisations à participer à un mouvement social de caractère national, à partir de la première semaine de mai, est de la plus haute importance. Je souhaite vivement qu’il se meuve en mobilisation d’envergure qui signale au gouvernement actuel et à ceux qui prétendraient le remplacer, la nécessité implacable de réaliser un projet de nation qui permette de dépasser le vide et le manque de confiance actuels.

 

Traduction Pluiemexicaine

 

 

 

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Published by pluiemexicaine
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