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26 septembre 2011 1 26 /09 /septembre /2011 09:12

Suite de La Minute de Jorge Harmondio relatant la rencontre des citoyens mexicains de Paris avec Javier Siicilia.

 

Point 2 Etat du dialogue avec l'Exécutif et le Législatif. Interrogations philosophiques sur le pardon, le crime, le mal.

 

Sicilia rappelle quqelques unes des demandes du MPJD : Loi de Sécurité humaine et citoyenne, on parle d'un possible dialogue avec l'armée. On demande à Sicilia à quoi sert le dialogue avec un pouvoir qui cependant reste sourd. Sicilia répond que le pays est balkanisé, les gouvernements soumis à une fermeture historique: le dialogue sert à changer de cap à temps avant que l'inertie n'enlise le pays dans une guerre encore plus cruelle, guerre d'autodéfense.

- On discute de la nature idéologique de la guerre au Mexique. Crimes sans idéologie. Crimes commerciaux. Le marché est-il idéologique ou non?

  On tue des gens pour certains intérêts à l'intérieur d'un processus qui suit un cycle commercial. Sont-ils si idéologiques les crimes commerciaux.

Sicilia parle de l'assassinat de son fils Juan-Francisco en échange de 300 000 pesos. Il parle du pardon par-don : aller plus loin que le don, dit Sicilia. Par-don : accroissement du don, magnification de la gratuité de l'amour. Et sans doute le nom.

Il aurait gagné à allé voir le Negro Rodilla et cependant il n'a pas obtenu d'aller voir l'assassin de son fils. Negro Rodilla quand il a été arrêté a tenté de se suicider, mais la policer l'en a empêché. Negro Rodilla pour qu'il ne se suicide pas a été montré à la TV énervé amputé abruti, parce qu'on ne l'avait pas laissé se tuer. Abrutissement et rien de plus. Peut-on pardonner à quelqu'un qui ne demande pas pardon, qui n'a pas conscience de ses actes ni le sens de leurs conséquences? Combien d'assassins faut-il pour pardonner 50 000 morts? Que va faire la société avec tous ces assassins? Sont-ils définitivement perdus pour la société?

On parle de l'importance de la demande d'une commission vérité."La Colombie est en avance de 18 ans."

On discute des stratégies possibles de division des victimes. Wallace représente-t'elle les victimes d'une seule classe sociale?

Le MPJD n'oppose pas les victimes les unes aux autres. Le MPJD est ouvert à tous les deuils et toutes les sensibilités.

-On questionne Sicilia sur la désobéissance civile et le vote blanc. Sicilia répond : Les partis ne comprennent pas que ce devrait-être un moment d'unité nationale urgente. Il croient pouvoir se servir de nous politiquement nous qui avons les 5M de votes qui leur manquent. Ils se trompent. Nous représentons les crimes et notre agenda est clair : empêcher la LNS. Créer une commission vérité et un fonds pour les victimes. La légitimité de ce mouvement émane du deuil.

Le mouvement finira quand les demandes des victimes seront satisfaites. Alors surgira peut-être un mouvement de mouvements qui résoudront ce qui reste à faire : Vote blanc, candidatures citoyennes, réforme de l'éducation.

 

On demande à Sicilia comment faire pour que ce mouvement ne finisse pas comme tous les mouvements : voué à l'oubli ou dévoué à la politiciennerie inane.

Sicilia insiste : Nous sommes un mouvement moral. Quand les leaders commenceront à vivre, à manger, du mouvement, les choses pourraient se passer ainsi. Le zapatisme et le MPJD sont deux mouvements moraux. Leurs victoires historiques. Seuls les indigènes et les victimes sont présents dans cette guerre.

 

Parenthèse

Que voit un homme quand soudain une tragédie lui catapulte la pupille brulée par l'ouragan des politiques qui prennent trop de café? Des politiques qui sont mal dans leur corps. des hommes qui se savent impuissants des hommes qui ne savent pas quoi faire, des hommes qui ont besoin d'une aide urgente. Des hommes infinitésimaux, perdus derrière une façade bronzée, bien vêtue, parfumée, retoquée par la chirurgie, adoucis par des lunettes de marque. Des hommes étrangers à leur corps.

 

Point 3 : quel Pacte signé à Juarez?

On demande à Sicilia pourquoi on n'a pas inclus les demandes des commissions à Juarez, à la fin de la Caravane de la Consolation.

S. Répond : Il faut de la modération. Ne pas recommencer les erreurs de l'histoire. Je ne vais pas juger 68. Il n'est pas réaliste d'exiger le jugement politique de Calderon ou -pour l'instant ( il n'y a qu'à attendre la fin du sexenat  et l'établissement d'une commission vérité...) Nous ne pouvons laisser une minorité radicale s'approprier le mouvement. Nous avons déjà lu Foucault. Nous n'allons pas tomber dans l'assembléisme. Les accords de San Andrès furent trahis entre autre, parce que les zapatistes gagnèrent le pouvoir au congrès mais perdirent le contrôle des commissions. Porter 900 demandes au gouvernement est la meilleure manière pour que le gouvernement ne fasse rien. Ici les décisions ce sont les victimes qui les ont prises et notre objectif est clair, empêcher la LSN, réaliser la commission vérité,résoudre les crimes, créer un fonds pour les victimes.

Nous voulons faire avancer les causes. Avec un plan irréaliste nous n'aurions jamais assis Calderon ni les menbres du Congrès à la table des négociations.

On discute avec Sicilia : Les Indignés espagnols fonctionnent en assemblées. Les révolutions arabbes ont gagné en faisant juger les dictateurs. Mais les indignés vivent en démocratie et le Mexique n'est pas une démocratie. Et les revolutions en Dictature et le Mexique est un peu une dictature. Le Mexique est plus complexe. Un hybride entre autoritarisme et dictature. Un état mafieux qui s'est aventuré dans une guerre et voilà les conséquences. Nous devons agir en tout avec lucidité.Sinon le pays va s'embraser dans l'autodéfense.

 

Epilogue

Sicilia allume un nouveau cigare, tire deux bouffées, l'éteint, veut le rallumer, alors pour s'exalter en parlant de Foucault et la real politique, de l'extrême gauche radicale. Elle ment putain! Entre dans l'arène, d'une certaine façon exerce le pouvoir.

Ce que nous commençons à peine à gagner avec cette militance, nous le perdons en naïveté politique. Là aussi les décisions se prennent depuis la base. Pour que ce soit plus moral dans la topologie du pouvoir, il y aura toujours une base."ici c'est nous les victimes qui prenons les décisons". La phrase se répand en écho. Nous comprenons que ne puisse adhérer à ce mouvement tous les St Bénis que nous voudrions. Si Elba Esther doit venir, tant mieux. Oui que Mexico soit le premier Pays du monde à légaliser toutes les drogues. Si Calderon doit rendrre des comptes devant un tribunal des conséquences de cette guerre, tant mieux aussi si Salinas et Fox viennent aussi rendre des comptes sur les injustices et discriminations qu'ils ont causées. Mais pour le moment ce sont les victimes que porte la voix chantante, parce que, tant qu'il n'y a pas de réponse morale, légale et peut-être économique, leur blessure continue, conjointe au temps présent. Sicilia, demande Isolda, quel augure onomastique t'a appelé de ce nom qui désigne la capitale de la mafia?

La réunionfinit par un pique-nique intramuros: vin fromage tomates, totopos de maïs noir. Sicilia boit du vin rouge dans un verre en plastique, de profil, mal rasé, fatigué par l'assemblée et le décalage horaire. La réunion nous a donné la sensation d'avoir reçu quelque chose de concret, d'important, d'indicible.

Détournant les mots de Lacan : Cet homme finit par nous donner quelque chose qu'il ne possédait pas du tout. La tranquillité du juste, la générosité extrème de qui vient de perdre tout. La dignité de qui dans l'adversité la plus grande, s'affaire à ne pas se défigurer, à rester qui il est

 

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Published by pluiemexicaine
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