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14 novembre 2011 1 14 /11 /novembre /2011 15:56

 

 

Jolie palette d’écrivains mexicains dans le cadre de Belles Latinas.

L’acerbe approche du pouvoir, monde mouvant entre rêve et réalité menant fréquemment à la folie, est le domaine de Vilma Fuentes. Plume appréciée par les lecteurs de la Jornada, sa connaissance des milieux expatriés et journalistiques, lui permet la satire un peu déjantée des Greffiers du diable. (Actes Sud 2011)

 

Plus suave, Alberto Ruy Sanchez. L’obsession du plaisir masque-t’elle la peur de la mort? Ancrée dans la tradition des conteurs marocains, dans laquelle il a retrouvé des origines familiales et oniriques, son œuvre poétique explore indéfiniment les manifestations du désir. Ses livres se répondent, s’interpénêtrent et son lectorat féminin est dense. Mais Ruy Sanchez qui saute toujours joyeusement les estrades, est aussi le rigoureux, esthète, et pertinent éditeur de la magnifique revue Artes de Mexico. Sur papier glacé s’affiche le patrimoine artistique classique et contemporain si riche et foisonnant servi par une admirable équipe photographique et d’excellents textes. L’Amphithéatre de l’Opéra de Lyon qui reçoit Belles Latinas  présente actuellement une sélection de photos intitulée Luz Portatil sous l’égide d’Artes de Mexico. Grâce à Rosario Gomez (ALME) les lyonnais peuvent désormais trouver cette revue chez Decitre place Bellecour.

Alberto Ruy Sanchez Neuf fois neuf choses que l’on dit de Mogador Ed les allusifs

 

Comme une anglaise apparemment inoffensive peut accoucher de Frankenstein

Le jovial et chaleureux Edouardo Antonio Parra côtoie la frontière nocturne de tous les possibles. Ses personnages parfois ordinaires passent juste à l’endroit où il ne faudrait pas, au moment où l’incident matériel fait basculer l’existence, certains le recherchent jusqu’à l’escalade fatale. Dans l’ombre des « animaux nocturnes assoiffés de sang ». Les prénoms, les détails nous rendent proches de ces héros d’un soir et déclenchent un climat d’angoisse propre au roman noir. Cette attention individuelle de l’auteur est aussi une forme de regard compassionnel et tendre pour l’espèce humaine. Salué justement par le prix Antonin Artaud.

Les limites de la nuit Ed Zulma

 

Les lecteurs qui ont pris Un Train pour Tula à la suite d’El ultimo lecture attendent impatiemment le roman suivant de David Toscana. Patientons jusqu'à janvier...

 Romans très savamment structurés, dans lesquels on se laisse embarquer avec les personnages à la suite de chimères littéraires, historiques, amoureuses. Pouvoir des uns sur les autres orchestré par l’auteur qui tire les ficelles à plaisir, suspend le temps et peut décrire aussi bien la mort avec une précision scientifique, qu’une série de tag poétiques. Tout cela à l’abri de son énigmatique sourire.

Un train pour Tula Ed Zulma

 

 

Mercredi et Vendredi à 12h30 lectures d’œuvres mexicaines par deux comédiens et un musicien à l’Amphithéâtre de l’Opéra de Lyon place de la Comédie. Entrée libre.

Belles Latinas grâce à un fidèle réseau de lecteurs s’étend à de nombreuses villes de France et dure jusqu’au 23 novembre. Je salue le travail de cette association qui présente des écrivains éminents de tout le continent latin.  

www.espaces-latinos.org pour programme

 

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Published by pluiemexicaine
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