Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
18 avril 2011 1 18 /04 /avril /2011 04:17

Monique 046

 

 

A deux pas du porche de l’embarcadère Salitre, une petit restaurant végétarien, rue Rayito.

Habituée à cuisiner pendant la moitié d’une vie, les légumes « sans engrais chimique » du jardin, je ne peux réduire la végétarien à quelque innommable pâté végétal sous plastique dans les magasin bio ni à trois pousses de sorgho sur une fenêtre et un yaourt au soja. Mais à toutes les façons de préparer avec amour fruits, légumes, féculents, racines, graines, herbes, champignons…et d’en réaliser même avec un filet d’huile ou une fleur de sel, quelque chose de nutritif et d’agréable au palais.

C’est bien ce que fait Agnès la jeune femme qui a ouvert ce restaurant de quelques tables à Xochimilco.

- On me disait que ça ne marcherait jamais!

Dit en souriant cette ancienne comptable qui s’est arrêtée un jour pour réaliser qu’elle avait envie de faire autre chose dans sa vie. Elle a donc élaboré son projet et suivi une formation. Et son savoir dépasse largement la réalisation. Elle a une bonne connaissance du végétal. Et quand elle vous sert en parlant son métier, on sent tout son enthousiasme et le goût des vertus de la plante. Car chacune en a comme tous les êtres vivants. Et les grands prédateurs pharmaceutiques ont bien compris, qui veulent réduire voire interdire l’usage des simples. Comme jadis les inquisiteurs trop jaloux du savoir des sorcières.

Dans l’assiette le mélange de textures, grains, mousse, tranches, et de sapidités : salé, sucré, astringent, acide. Des assaisonnements simples comme différentes huiles, « limon » le citron vert, ails oignons, céleri, et tous les condiments possibles. Et une jolie disposition toutefois sans affèterie. Pas de rubans de vinaigre balsamique ni de poudre de paprika sur le pourtour de l’assiette, cette fâcheuse manie en vigueur en France et qui vous gâte si vite une manche de chemisier!

La couleur des mets se suffit.

Avec cela on peut boire des eaux de limon, ananas ou selon arrivage, et toutes sortes de thés.

Mon amie m’a amenée là, et j’y reviens. Cela me repose.

Quand il n’y a plus grand monde, parce que la cuisinière peut parler davantage. Mon livre de chevet a été longtemps La plante compagne de Pierre Lieutaghi et je fais tourner dès qu’ils paraissent les livres de ce bon Jean Marie Pelt comme des nécessités.

Aussi la restauratrice a-t-elle compris que nous sommes en terre connue.

Parfois ses sœurs en vacances viennent l’aider : celle qui aime faire le ménage, bien qu’éducatrice de métier, et celle qui aime faire les comptes, bien qu’ayant aussi un autre job. Trois sœurs de conte en somme dont les qualités se complètent,les trois temps d’une valse.

Quand on a bien parlé de choses de la vie dont la plante est un do Majeur, je rentre à pied par les ruelles dans les parfums de datura blanc qui commencent à s’épandre.

Des sportifs locaux, des femmes entre courses et cours d’informatique, des touristes suisses, allemands ou scandinaves, plus accoutumés à ce genre de pratiques culinaires fréquentent l’endroit. Fermé le soir.

 

Mais surtout cet endroit me paraît tout à fait inscrit dans la tradition de Xochimilco. Traditions préhispaniques sur les îles du lac fondateur, des chinampas, jardins flottants créés avec le limon du lac, ayant pour double effet de l’entretenir et de le faire fructifier. Système très créatif, fascinant pour les envahisseurs qui comme toujours l’ont exploité à outrance. Il y a de ça une génération 90 % des habitants de cette ville beaucoup de Nahuas, fameux bûcheurs, vivaient de ce système agronomique et leur barque les attendait sur les canaux pour commercer, se rendre chez des relations ou se délasser. Parce qu’ici tout est aussi fête. Souvenir d’une grand-mère qui cultivait et cueillait toutes sortes d’arbres fruitiers, de légumes et de thés. D’abord pour nourrir et tenir en santé ses nombreux enfants.

Ce type de restaurant est peut-être une belle manière de résoudre les questions de santé publique posées par le bouffer Mac quelque chose qui s’était mis à grave sévir au Mexique. Mais les mauvaise choses n’ont qu’un temps!…

Que des jeunes après l’encitadinement, reprennent le flambeau à leur manière, bel héritage de leur jolie civilisation ancestrale.

 

 

 

 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by pluiemexicaine - dans cuisine mexicaine
commenter cet article

commentaires